Ce blog parle de notre voyage autour du monde austral du 7 janvier au 30 avril 2015.
Nous sommes heureux de vous y faire partager nos préparatifs, nos récits et nos photos.
A lire de préférence en partant de la date la plus ancienne, pour garder le fil.
NOUVEAU : Plein de photos et des cartes ajoutées progressivement aux pages d'origine.
(16/10/2018 : jusqu'à Moorea).

samedi 31 janvier 2015

Côtes de l'Argentine - Vers le sud

Journée en mer – heure TU-3
C’est le roulis qui me réveille vers 3 h 30 du matin. La houle est légère, mais le bateau file 21 nœuds. Pour contrer les écarts de direction et le roulis induits par la houle, le pilote automatique doit probablement commander, de temps en temps, de très légères, mais très rapides rotations des groupes propulseurs. Ce qui provoque de tout petits mouvements rapides de roulis. J’ai constaté ce phénomène désagréable sur les bateaux de liaison rapide de l’île d’Yeu.
Je me rendors.

Quand le réveil sonne, le soleil est levé, le ciel est clair, l’horizon est parfaitement dégagé. Le vent est de 40 km/h, les crêtes des vagues écument. La houle est légère, mais oblique.
Nous passons à proximité de Mar del Plata. Seul point de la côte que nous apercevons de la journée.

La conférence de Carlos, dans la grande salle de spectacle, porte sur les pingouins de la Patagonie et de la Terre de Feu. 
Il semblerait que le français soit la seule langue qui distingue les pingouins des manchots. Des pingouins empereurs aux pingouins de Patagonie, en passant par les pingouins d’Humbolt ou les pingouins royaux, Carlos ne fait pas de différence. 

Comme toujours, même s’il n’entre pas dans les détails, il sait éveiller notre curiosité, et nous donne envie d’en découvrir un peu plus.

Demain, sur la péninsule Valdès, nous devrions voir de jeunes pingouins, c’est la saison de la reproduction. Espérons que ce sera le cas.

Marie a reçu un mot. La chorale du bord va prendre forme. Une réunion est prévue. Elle s’était portée volontaire éventuellement. A suivre.

On a tendu un fil à linge sur le balcon pour sécher deux chemises. Ne pas oublier de le retirer ce soir, car, en mer, ça ne dérange personne. Mais sur le port, ça ferait désordre.

On dirait que nous avons pris possession du bateau. Ca y est, nous sommes chez nous.
Demain Puerto Madryn. Bonne nuit.

vendredi 30 janvier 2015

Montevideo - Uruguay

Je me réveille trop tard pour assister à l’entrée dans le port. Le retour à l’heure d’été de l’Uruguay nous a fait perdre une heure de sommeil. Nous sommes à proximité de l’immense bâtiment des douanes, d’un style très stalinien.
La visite de la ville est incluse dans le forfait Costa. Nous sommes dans le bus 14.
Susana est retraitée de la fonction publique. Elle est fille d’un ouvrier qui s’est saigné pour lui permettre de faire ses études de professeur de français. Son regard sur la succession des régimes conservateurs, dictatoriaux, puis socialistes est intéressant. Le pays riche de l’élevage et du tourisme est aux mains des propriétaires terriens, mais l’union nationale qui a permis d’abattre la dictature militaire donne sa chance aux plus défavorisés. L’école est gratuite et obligatoire, la santé est une priorité, bref, on sent un pays qui a envie de s’en sortir et qui travaille. Le chômage a été divisé par quatre en une dizaine d’années.

Ce que Susana nous montre de la ville est dans la droite ligne de ce que nous avions vu à Punta del Este. Ville propre, organisée, administration structurée, police présente. Pas de favelas visibles.
Le centre-ville ancien n’est pas très beau, mais rappelle l’histoire de la ville, ce port en eau profonde que se disputèrent espagnols, portugais, anglais, puis argentins, brésiliens, avant de prendre son autonomie de « République Orientale de l’Uruguay », vrai nom du pays.
Le palais du parlement, plus loin au nord-ouest est magnifique. Son style très particulier le rend reconnaissable entre tous. Il est surmonté d’une lanterne carrée formée d’un portique de cariatides. L’intérieur est riche et peintures et bas-reliefs rappellent l’histoire du pays ou symbolisent ses valeurs : science, art, justice, …

Le quartier du Prado est riche et les plus belles maisons bordent un grand parc. La Diligence, sculpture du grand artiste José Battle y Ordoñez est un monument célèbre en Uruguay. 



Son deuxième chef-d’œuvre, la Charrette est à quelques kilomètres. On y va.









Nous traversons les quartiers les plus beaux pour terminer par une partie des 22 km de plage de la ville.





La sortie du port est un exercice de style. 
Comment faire pivoter sur place un bateau de 300 m dans un carré de 350 m de côté, pour sortir par un chenal qui est au milieu d’un côté. Eloigner le bateau du quai d’environ 150 m parallèlement à celui-ci. Mettre en jeu les hélices latérales avant, pour effectuer la rotation sur place. S’assurer que la rotation se fait bien autour du centre du navire en immobilisant ce centre par un remorqueur en appui, qui sert de pivot. Conserver aux propulseurs arrière qui sont braqués pour la rotation, une autonomie suffisante pour arrêter toute dérive en avant ou en arrière.
Arrêter la rotation quand on est face à la passe, sans la dépasser d’un moindre pouce. S’enfoncer dans cette ouverture et se préparer aux deux virages suivants, l’un à gauche et l’autre à droite, cette fois sans remorqueur, un jeu d’enfant. Le cap pris et précis, le chenal fait moins de 250 m de large, bordé de bouées rouges et vertes. Il nous mène vers l’embouchure du Rio de la Plata. Puis nous prenons le cap vers Puerto Madryn.
Cette nuit, nous revenons à l’heure de l’Argentine : TU-3. Trois heures de décalage avec le méridien de Greenwich, 4 h avec la France.

jeudi 29 janvier 2015

Buenos Aires

La nuit a été courte. Le soleil promis est là. Les bus s’alignent sur le quai. La journée commence comme prévu. La vie est belle.
Ignacio a 71 ans. Il est le fils d’un émigré juif polonais, il parle un bon français avec un accent à la Popeck qui lui donne le sourire. Il fait penser à Einstein. Il aime l’argentine mais porte sur elle un regard sans concession. Il n’hésite pas à partager avec nous des expériences personnelles pour nous faire sentir ce qu’est la vie d’ici. C’est une agréable visite du Buenos Aires culturel qui commence.
Casa Rosada
La place de Mai est fermée à l’est par la Casa Rosada, Maison Rose, palais de la présidente. C’est cette place qui réunit depuis des années les grand-mères qui exigent des informations sur leurs enfants éliminés par le régime précédent. 
Cathédrale
La cathédrale qui en occupe un angle rappelle par sa présence la position ambiguë de l’Eglise dans ces périodes troubles. Ignacio ne nous y emmène pas.

La Boca

Le quartier de la Boca (la bouche : « embouchure » du Rio Matanza qui se jette ici dans le Rio de la Platta) est connu pour son stade mythique. 








C’est aussi un quartier pauvre qui aime à se montrer sous ses meilleures couleurs. Maisons en tôle ondulée peintes de couleurs vives, rue Caminito, repaire des marchands de souvenirs et des danseurs de tango sur les trottoirs des restaurants pour touristes. 





Une belle ambiance qui lutte habilement contre beaucoup de misère.
Le gouvernement lutte contre les favelas en donnant à tous les démunis les matériaux nécessaires à la construction de leur logement. On voit donc des rangées de maisons en brique creuse en construction sur les terrains vagues.



Puerto Madero 

Déjeuner sur les quais du quartier Puerto Madero, les anciens docks ont été transformés en lofts de luxe, ou remplacés par des hôtels et restaurants chics. Les vieilles grues jaunes qui jalonnent les quais de l’ancienne darse rappellent avec malice la vocation première des lieux. Nous traversons à pied une passerelle pivotante au design très contemporain. Le tout forme un bel ensemble, qui donne de la valeur à la ville.

Palermo

Tombeau de la famille Duarte
Dans le beau quartier des anciens hôtels particuliers et des ambassades, proche du grand parc de Palermo, le cimetière des Récollets est une invitation à admirer les influences artistiques du siècle dernier, mais en égrainant les noms de personnes célèbres, c’est la vie du pays qu’Ignacio nous dévoile, jusqu’au tombeau de la famille Duarte, nom de jeune fille d’Evita Peron, première femme à avoir ici son nom gravé sur une pierre.
Avant de reprendre le bus, Ignacio, qui nous répète depuis ce matin que tout le monde devrait connaître au moins les huit premiers pas du tango, et qui nous incite à nous inscrire tous à un cours de tango dès notre retour en France, entreprend de nous les apprendre sur le trottoir, en invitant Renée comme cavalière. 


Leçon de Tango devant le cimetière

Moment de détente et de rire, avant une heure de liberté rue Florida. Comme nous connaissons déjà un peu cette rue, nous suivons un autre de ses conseils, et nous attablons à une terrasse pour la regarder vivre en sirotant un café. Il fait meilleur qu’hier, toute la ville est dehors.
Le bateau nous attend.
La sortie du port est sportive. Le bateau doit réaliser deux virages serrés dans un chenal étroit. Le vent rend la manœuvre délicate, car il frappe notre flanc à deux moments cruciaux du parcours. Le pilote et le commandant ont décidé de faire appel à un remorqueur malgré nos hélices latérales. J’admire depuis le pont 11 la manœuvre et la coordination des mouvements des deux bateaux. Le remorqueur, remarquablement agile, tourne autour de notre proue pour nous tirer à chaque instant dans la bonne direction. Du beau travail.
Cap à l’est pour Montevideo et l’Uruguay à nouveau.
Nous serons de retour en Argentine, à Puerto Madryn, dans trois jours, puis à Ushuaïa un peu après. J’ai envie de voir d’autres visages de ce pays qui me déroute. J’ai du mal à comprendre sa trajectoire dans l’histoire d’hier, comme dans celle d’aujourd’hui.

mercredi 28 janvier 2015

Buenos Aires

Il pleut. 
Il pleut plutôt fort. 
Le ciel est bouché, dans toutes les directions. 
Les manœuvres d’accostage se terminent. Le port est encombré. En face de nous un immense porte-conteneur est en cours de chargement.
Au petit déjeuner, avec Martine et Michel, nous sommes d’accord : nous sommes allés au bout du monde pour le découvrir, ce n’est pas la pluie qui va nous arrêter. D’autant que nous avons prévu les Kways. Nous allons donc occuper notre journée libre en ville comme prévu.

Le port est interdit aux piétons, des autobus navettes vont et viennent nuit et jour pour nous emmener à la porte du terminal 3. Nous sautons dans le premier. Au terminal, le bijoutier Stern offre des navettes gratuites pour le centre-ville, habile initiative : le prix à payer est une visite à son magasin. Bijoux beaucoup plus agréables au regard qu’au portefeuille, vendeuses serviables, petit cadeau en forme d’étoile (Stern en allemand). Nous remercions beaucoup, et sortons. 
L’entrée de la rue Florida est occupée par les changeurs de dollars au marché noir : 12 pesos au lieu de 8 pour 1 $. Signe d’une économie qui n’est pas encore stabilisée. Cet étudiant nous hèle discrètement. Il nous semble digne de confiance et nous emmène dans une boutique de vêtements. La caissière nous change nos billets rapidement. Ce qui sera moins rapide, c’est l’essayage et le choix de la couleur des « twinsets » qui ont tapés dans l’œil de nos femmes. Avec ce taux de change, les prix sont avantageux. 
La rue Florida est piétonne, c’est la rue des touristes. C’est aussi la rue de la grande Galerie Atlantico, magnifique galerie couverte d’une grande verrière et d’une belle coupole peinte. 
Après un déjeuner chez ILC (Il Gran Cafe), c’est dans cette grande galerie que nous nous mettons à l’abri de la pluie. Un Parly II en miniature dans un bâtiment classé monument historique.

Musée de l’art hispano-américain
La pluie tombe moins dru. Le museo de Arte Hispanoamericano, rue Suipacha, n’est pas trop loin. Nous traversons à pied le square qui longe l’avenue Santa Fe, passons devant la statue du General San Martin, héros de la libération du pays, et nous y voilà bientôt. C’est un petit musée en deux parties. D’abord, l’histoire de l’art des trois populations indienne, africaine, et espagnole, et des trois civilisations : des Andes, de la forêt et des côtes de l’Altlantique. On y est frappé par l’unité des objets marqués par la toute-puissance de la religion catholique qui impose ses représentations. 
 Ensuite, l’art contemporain : un festival de formes et de couleurs. Les thèmes sont très variés, mais les nombreux et superbes « arbres de la nativité », sortes de crèches verticales, nous ramènent à la religion principale de l’Amérique latine.

Soirée tango
Il est temps de rentrer au bateau pour se changer. Ce soir, c’est la fête. Nous retrouvons en ville notre camarade de promotion Pierrot que nous n’avons plus vu depuis 40 ans. Connaissant notre projet, Monica et lui nous ont invités tous les quatre à un dîner à la Esquina Homero Manzi.
La pluie a cessé. Le taxi dit que demain il fera grand soleil. Le taxi connait l’adresse et nous dit que c’est un bon choix pour manger de la viande argentine et regarder un vrai spectacle de tango.
Nous arrivons avant Pierrot et prenons place comme convenu. La table est juste en face de la scène. On ne peut être mieux placé. A peine le temps de retirer nos Kways que Pierrot arrive. Encore une fois, le miracle se produit, avec ce copain comme avec tous ceux que nous avons retrouvés ces dernières années. C’est comme si on reprenait notre conversation d’hier. Pierrot n’a pas changé, toujours sportif, souriant et attentif. Pierrot n’a rien perdu de ses valeurs, Monica fait cadeau à nos épouses d’un magnifique livre sur l’Argentine, dédicacé avec attention.
C’est Monica, native d’Argentine, qui choisit le menu et commande les vins. Excellent choix de la pièce de bœuf argentin, tendre et saignant comme je l’aime. 
Je ne pourrai pas décrire la bonne glace que nous avons en dessert : la salle s’est éteinte et le spectacle commence.
Un régal, sans la moindre fausse note. Décor de cabaret 1930, enfumé, éclairage tamisé, piano peint, un énorme panneau accroché au plafond par deux chaines avec Esquina Homero Manzi écrit en grandes lettres cursives rouges. Le pianiste est discret mais efficace, le contrebassiste passe sans transition du pizzicato à l’archet et marque le tempo de la main sur la caisse de son instrument, le guitariste est manifestement le chef du groupe, ses solos arrachent les tripes, le joueur de bandonéon est l’acteur principal, il donne en virtuose son caractère particulier à toute cette musique, la violoniste, sous une douche de lumière qui fait ressortir ses doigts, nous entraîne au loin.
Le chanteur qui ouvre le spectacle n’est plus tout jeune. Avec efficacité et un certain charme, il nous met immédiatement dans l’ambiance. Il est vrai que les sons de l’espagnol sont faits pour le tango. A moins que ce ne soit le contraire.
La chanteuse est plus jeune. Elle a du chien. On croit deviner sous sa robe un peu trop tendue, la promesse d’un heureux événement. La voix est aussi ferme que son caractère et je n’ai pas besoin de comprendre l’espagnol pour deviner le sens des paroles. A moins que cette ignorance, qui attise l’imagination, n’ajoute à l’atmosphère.
Enfin les couples de danseurs, attirés par la musique et la lumière, occupent soudain le plateau, et se mettent à vivre leur danse sans se soucier du regard indiscret du public. Charme secret du tango, qui pourrait devenir vulgaire au moindre faux pas et qui nous hypnotise par son audace, sa fraicheur, et sa vérité. Les danseurs sont beaux, les cheveux gominés et les moustaches viriles, les danseuses sont belles, les jupes très fendues, les jambes très longues, et les talons trop hauts. Leur complicité transpire, et leur jeu subtil fonctionne. Le spectacle est huilé. On ne sait plus qui danse, du musicien, de la lumière, de la fumée, du danseur, du souffle du spectateur, de la musique, ou du tango. Le rideau retombe trop tôt sur le rêve. La lumière froide de la salle éclaire brutalement la réalité.
Il est déjà 1 h du matin. Nous quittons à regret, le lieu, le tango, le bœuf argentin, Monica, et notre ami Pierrot. Avec un beau souvenir, et un grand merci à nos hôtes d’un soir.

La nuit sera courte, l’excursion du matin part de bonne heure.

mardi 27 janvier 2015

Punta del Este


Punta del Este - Mouillage dans la baie
Les ancres descendent lentement. A peine si on les entend de la cabine. Il n’y a pas de port à la pointe est de l’Uruguay. Le bateau sera ancré au milieu de la baie et nous descendrons à terre avec les chaloupes. Ce sera une première pour nous. Trois chaloupes du bateau manœuvrent déjà. Deux autres, appartenant aux autorités portuaires, font route vers nous.
Nous embarquons facilement, par groupes de 120 personnes (trois autocars). 
Jacques a repéré les vasistas arrières de la chaloupe et nous prenons chacun un siège juste dessous. 

Jacques

Dès le départ, en nous mettant debout, nous avons une vue imprenable sur la baie, le bateau, et notre sillage d’écume.
La visite de Punta del Este va être une belle surprise, et un contraste total avec Rio. 


Débarcadère
Nous sommes dans une ville de vacance, riche, propre, aérée, sure. Les maisons cossues se succèdent au milieu de la verdure et des pelouses ouvertes à l’américaine. 
Le long des plages, les propriétaires ont vendu leur maison à des promoteurs qui les ont remplacées par de beaux ensembles immobiliers espacés les uns des autres.
La ville est un promontoire entre l’Atlantique à l’ouest et l’embouchure du Rio del Oro à l’est. 

C’est dire la longueur de plage pour une petite surface habitée.
Papa lion de mer et sa crinière



C’est le long de la côte atlantique que nous voyons notre premier lion de mer, un peu avant la plage où surgissent du sable les cinq doigts étonnants du sculpteur Mario Irarrázabal
Les cinq doigts
On imagine un homme immense qui vivrait sous la terre et lèverait son bras droit au ciel, d’autant que la main gauche correspondante existe, sur une plage du Chili, faisant le lien entre les deux océans.


Musée Ralli
La visite du musée Ralli est un beau moment. Des centaines d’œuvres, principalement d’artistes sud-américains, sont présentées dans un magnifique cadre de verdure. Entrée libre, pas de vente de livres ou de cartes postales, pas de visite guidée, pas d’audio-guides, photos et vidéos autorisées. Le très riche Monsieur Ralli a souhaité que les œuvres qu’il a collectionnées soient livrées au regard et à l’émotion des visiteurs en toute liberté, sans explications ni préjugés.
Casapueblo 
La maison du peuple, Casapueblo, est l’œuvre du peintre Carlos Páez Vilaró. Nous sommes dans un monde bien différent, où l’exubérance de ce personnage se remarque de loin, puisque sa maison est elle-même une œuvre d’art. Il en reste malgré tout un souvenir agréable.
Ce tour de ville nous livre une image très positive d’un pays que je ne connaissais pas. Petit, plutôt prospère, il vit de l’élevage de bœufs, de la culture du soja, d’une minuscule industrie de fibres de cellulose, et du tourisme. Nous aurons une opinion probablement un peu plus nuancée après notre visite de sa capitale Montevideo dans quatre jours.
Retour à bord
Cette nuit, traversée du Rio del Oro, remontée de son immense embouchure sur plus de 150 km en direction de Buenos Aires et de l’Argentine.

Nous gagnons une heure de sommeil en retardant nos montres avant un bon sommeil réparateur.

lundi 26 janvier 2015

Nos compagnons de table

Aujourd’hui Michel me laisse le clavier ! Je le prends donc avec grand plaisir !
Je vois que nous ne vous avons  pas encore parlé des amis que nous avons rencontrés et avec lesquels nous dînons tous les soirs : sur le Deliziosa, les tables sont attribuées pour toute la croisière.
C’est une grande table ronde pour 8 personnes, située près de l’entrée du restaurant. Nos serveurs, de nationalité philippine, sont très agréables et ils ont vite repéré nos petites habitudes, eau plate et café noir, et nos vins préférés. Martine repart chaque soir avec un exemplaire du menu que le serveur n’oublie jamais de lui apporter après le café.

Il y a Jacques et Nicole, Renée et Michel, Martine et Michel, que vous connaissez déjà et Michel et moi. Inutile de préciser nos âges, les prénoms parlent d’eux-mêmes !

Jacques et Nicole sont originaires du sud. Ils vivent en proche banlieue parisienne.
Tous les deux sont fonctionnaires en retraite. Ils sont des habitués des croisières Costa : carte Gold Pearl, ce qui leur confère quelques privilèges, comme une réception avec le Commandant du bateau.
Nicole parle couramment l’italien pour avoir vécu 4 ans à Rome, elle nous aide à décortiquer un menu, et à oser goûter les spécialités proposées. Jacques parle un portugais impeccable, un espagnol correct, et possède une vaste culture internationale. Il a été chargé de missions pour le compte de plusieurs  ministères, y compris européens. Il sait aussi nous renseigner sur le fonctionnement de la croisière, du bateau, et de son équipage.

Michel R. et Renée M. viennent du midi. Michel R. est un homme de communication, et possède la verve du méridional et la finesse du communicant politique. Renée M. connait tous les ressorts de l’administration d’une grande ville. Elle va, elle aussi, facilement au-devant des autres. Ils sont tous les deux aussi chaleureux que sportifs. salle de sport, piscine, hammam, etc.

Hier, nous avons décidé d’ajouter à notre programme une soirée à l’opéra de Sydney, le 14 mars. Michel a regardé sur l’Internet ce qui se jouait, et à quelle heure, et nous nous sommes collectivement décidés pour la Tosca. Rendez-vous à 14 h dans notre chambre pour choisir les places et payer en ligne (photo).

Les repas de cette joyeuse troupe sont toujours des moments agréables. Chacun avec sa personnalité apporte des sujets de conversations intéressants.
Ce soir, Nous parlons de la visite que les deux gadzarts ont réussi à faire (leur ancienneté Costa ne les y invitait pas, mais il restait de la place dans le groupe prévu). Impressionnant parait-il. Il est vrai que nous ne connaissons pas sur terre de restaurants gastronomiques qui servent 2000 repas par jour avec une carte aussi fournie.




Nous poursuivons la soirée à regarder le ciel bien dégagé ; on devrait enfin voir la Croix du sud. Michel et Michel M. nous servent de guides.

La dite Croix joue un moment avec nos nerfs en se cachant derrière la fumée du bateau que nous prenons pour des nuages, mais nous déjouons vite son plan en nous portant vers l’avant du bateau, à l’abri d’une avancée du pont supérieur. C’est dans une émotion collective que tout un chacun apprécie ce magnifique cadeau du ciel ! Cette constellation ne peut se voir que dans l’hémisphère sud !!! Grand moment de bonheur partagé ! Beau spectacle que tout le monde apprécie.

dimanche 25 janvier 2015

Vers le sud et l'Uruguay

Nous longeons les côtes brésiliennes vers le sud. Elles sont hors de portée de notre vue pour le moment, à 200 km environ.
La journée s’annonce tranquille : une présentation par Frédéric, notre hôte francophone, des excursions de Punta del Este jusqu’à Valparaiso ce matin, et une conférence de Carlo sur les Mystères de l’Amazonie cet après-midi.
Ce soir, Rowell nous a préparé une surprise.

La conférence présente des découvertes récentes de constructions et d’inscriptions, dont on ne connait pas encore l’origine.
Des inscriptions ressemblent à l’écriture étrusque. Certains chercheurs pensent que ce sont des faux, d’autres sont convaincus de leur authenticité. Ce qui est certain, c’est que l’occupation de ces territoires est très ancienne et qu’il y a eu plusieurs vagues de peuplement, venues du détroit de Behring ou de l’Afrique. De quoi éveiller notre curiosité et suivre les recherches de ce domaine.

J’ai rendez-vous avec Carlo après sa conférence. Nous passons deux heures ensemble sur le sujet des instruments de calcul anciens, et l’origine des numérations. Il est ravi de notre rencontre, et moi aussi. Je récupère des photos d’objets amazoniens, et lui les planches de ma récente conférence.
Nos approches sont bien différentes, lui historien, et moi davantage technicien. Nos points de vue se rejoignent souvent malgré tout, et s’enrichissent mutuellement. Il me promet d’autres photos et des références bibliographiques, moi une copie de mon grand poster sur l’histoire des machines à calculer.

A table notre groupe sympathique parle de l’Opéra de Sydney. Nous avons envie d’aller y voir un opéra. On donne la Tosca, je fouille l’Internet, et nous nous voyons demain pour décider.

A l’heure de se coucher, la mer est toujours aussi calme, nous filons 16 nœuds.

samedi 24 janvier 2015

Copacabana

Le car nous dépose à l’extrémité ouest de Copacabana. Le guide nous indique les restaurants, les bureaux de change, les locations de parasol et nous prodigue moult conseils utiles pour éviter les vols et autres agressions.

Nous décidons de marcher un moment le long de la plage ; le soleil nous convainc rapidement que c’est une mauvaise idée. Nous poursuivons notre marche vers l’est, mais dans la grande avenue commerçante, sur le trottoir à l’ombre. Moins de touristes, plus de brésiliens occupés à leurs courses du samedi. Une immersion sympathique dans la ville.

Au bout de Copacabana, métro en direction du centre-ville. Gratuit pour les vieux.
Changement à la station Uruguay 
Arrêt à la hauteur de la cathédrale. 
Impressionnante architecture, impressionnants vitraux de 60 m de haut. Quelques touristes sont au téléphone. Skype est accessible à l’intérieur sur le WiFi gratuit du diocèse. Michel et moi en profitons pour mettre à jour les données de nos smartphones, au grand damne de nos épouses. Sacrilège, ou grâce rendue à l’intelligence donnée à l’homme ?
Par les artères les plus fréquentées, en évitant les possibles coupe-gorge, nous rejoignons le MAR, Musée d’Art de Rio. Une belle exposition sur l’histoire architecturale et sociale de la ville. Une belle exposition sur les peuples du nord-est, et une rétrospective intéressante, en photo et vidéo, des événements de 2012 : démonstration de force des paysans qui envahissent la vile avec leurs carrioles à cheval, parfois au grand galop. Evénements qui vont changer leur sort ; nous manquons de temps pour en comprendre les détails. Il faudra que j’en lise un peu plus sur ce sujet qui m’avait échappé.
Journée de longue marche qui se termine au bateau un peu avant son départ. La sortie de la baie est une dernière occasion de l’admirer sous d’autres angles. Nous prenons le cap 220 pour croiser le tropique du Cancer à 21 heures précises. Le bateau semble ne pas s’apercevoir de la ligne. Sommes-nous entre deux tirets du pointillé ? Sur notre lit, à notre retour dans la cabine, nous attend le certificat qui confirme que nous ne sommes plus sous les tropiques.

Deux jours de mer nous attendent avant Punta del Este et l’Uruguay.

vendredi 23 janvier 2015

Rio de Janeiro




Ce matin, il fait beau, la mer est désespérément calme. Nous passons le phare du Cap Frio, et je devine au loin des reliefs qui suggère le pain de sucre. Sans en être encore certain, malgré mon GPS, je crois voir l’entrée de la baie.
Pain de Sucre

L’approche depuis l’avant du pont 10 devient majestueuse. Le pain de sucre domine le côté Ouest du chenal. Plus à l’Ouest une immense plage blanche bordée d’immeubles clairs. C’est Copacabana. Plus au Nord Ouest, un piton plus haut que les autres dissimule son sommet dans les nuages. Je pense que c’est le Corcovado. Mes voisins le confirment, mais on ne voit pas le Christ aux bras ouverts. Ah! si ! vite une photo avant qu'il ne redisparaisse !
Corcovado et Christ rédempteur
Avec l'aide de Photoshop, j'éliminerai un peu de ce voile grisâtre.

La baie s’élargit. Elle est immense. L’aéroport Santos Dumont est à fleur d’eau. L’île de l’Académie Navale est magnifique ; ses bâtiments sont repeints fraîchement.

Ce matin, pendant les dernières manœuvres d’accostage, Carlo nous parle des danses brésiliennes et de leurs origines, africaines, portugaises et indiennes. Il nous fait bien comprendre l’importance de ces apports et nous explique comment retrouver dans chacune de ces danses la part qui revient à chacun :


  • les tambours africains et les rythmes lancinants des cérémonies animistes, 
  • les guitares portugaises et les joyeuses processions religieuses des rois mages, 
  • les flûtes indiennes et les transes où l’on devient pour quelques moments l’animal qui nous protège. 

S’y mêlent les simulacres de combats que pourraient mener les esclaves contre leurs maîtres, entraînement dissimulé.
Je comprends mieux le succès populaire de ces danses et celui du carnaval où chacun retrouve une part (ou plusieurs) de ses racines. L’originalité du mélange de ces chorégraphies renvoie avec précision au mélange des couleurs de peaux actuel, et si le Brésil d’aujourd’hui donne une si grande importance à ces racines culturelles, à leur retour, et à leur développement, c’est qu’elles rassemblent son peuple comme rien d’autre ne pourrait le faire.
Téléphérique pour le Pain de Sucre
L’après-midi est consacré à la queue. Je veux dire que pour une demi-heure passée au sommet du pain de sucre, nous avons passé cinq heures et demie dans des files d’attente (montée, station intermédiaire, et descente).




Baie de Rio ou Guanabara
Heureusement le spectacle le vaut et la vue sur la baie de Guanabara (que seuls les français appellent baie de Rio), 
Copacabana à gauche, vue du téléphérique
et sur la plage de Copacabana, est magnifique.
Michel avec Carlo, sur Copacabana
Par chance nous avons le car où se trouve Carlo Scopoletti, le conférencier, et je passe l’essentiel de l’après-midi avec lui qui, outre l’histoire, aime l’astronomie et l’histoire des sciences.
Une favela
Joueur de Hang drum (instrument suisse !)
Nous rentrons au bateau très tard, et dînons très vite pour assister au spectacle de danses brésiliennes et mettre en pratique nos découvertes du matin. Bonne soirée.


Demain, la plage de Copacabana.