Ce blog parle de notre voyage autour du monde austral du 7 janvier au 30 avril 2015.
Nous sommes heureux de vous y faire partager nos préparatifs, nos récits et nos photos.
A lire de préférence en partant de la date la plus ancienne, pour garder le fil.
NOUVEAU : Plein de photos et des cartes ajoutées progressivement aux pages d'origine.
(16/10/2018 : jusqu'à Moorea).

samedi 28 février 2015

Tahiti - Tour de l'île

Après tous ces jours de mer, se réveiller dans un port est différent. Nous avons deux autres bateaux de croisière comme compagnons. L’un est français, le Paul Gauguin, navire de la Polynésie française, l’autre est Japonais. Nous sommes ravis pour l’économie de Tahiti, mais nous savons aussi que nous aurons à composer avec plus de touristes sur les sites. Mais rien n’entame notre optimisme.

Montage d'une boucle sur une perle noire. 
Le « truck » est à l’heure. Une plateforme Mercedes de 8,5 t sur laquelle on a bâti un habitacle pour 41 personnes. Bancs en bois, vitres coulissantes en plexiglas, un petit panneau nous indique que la pharmacie et l’extincteur sont dans la cabine du chauffeur. Mais la peinture est fraîche, et le guitariste remplacera la radio pendant toute la journée. Une jolie vahiné est à bord, probablement la surprise annoncée. 


Notre guide a 70 ans, originaire du Mexique, elle est danseuse professionnelle, bientôt professeur de danse ; encore trois ans d’étude. Elle a un charme indéniable et beaucoup d’humour. Les autres touristes sont essentiellement allemands. Les commentaires seront en anglais et français.
Premier arrêt au point kilométrique 18 pour voir la seule plage de sable blanc.
Puis nous nous dirigeons vers le Marae de Arahurahu, un édifice en forme de bassin où se rassemblait le peuple pour vénérer ses divinités et procéder à des sacrifices.







Arrêt aux grottes de Maraa, havre de fraîcheur dans la roche volcanique colorée, bassin d’eau pure, cerné de plantes luxuriantes.


Rose de porcelaine
















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Les jardins d’eau de Vaipahi abritent une belle cascade et des plantes aquatiques. La surprise se met en place. Nous allons avoir une belle démonstration de danses tahitiennes, puis ce sera à notre tour. Je ne suis pas certain que le film de notre démonstration reçoive un jour un quelconque oscar. Mais je ne regarderai plus les danses tahitiennes comme avant. Il faut de bonnes cuisses, croyez moi. Rafraîchissements. Stand de produits locaux. Nous achetons cinq bananes pour 1 Euro. Délicieuses.












La dernière étape sera la visite du tombeau du roi Pomaré V. Belle pyramide en bordure de mer. L’amphore qui la surmonte rend hommage à la quantité de vin que le roi pouvait boire dans sa journée.  C’est le dernier roi de Polynésie. Il a légué la Polynésie à la France puis a fait déplacer le corps de sa mère, précédente reine, pour prendre sa place, ici, à sa mort.












La soirée s’achève par un dîner sur le port, aux roulottes. Ce sont des camions qui s’installent et cuisinent des pizzas, mais aussi des plats chinois, ou toutes autres choses.















Nous sommes habillés en tenues locales. Nos épouses se sont fait tresser une couronne de fleurs fraîches sur le marché. Demain matin, nous quittons Tahiti. Nous y aurons passé deux journées agréables et admiré le sourire permanent de nos interlocuteurs. La jeunesse malheureuse et progressivement indépendantiste ou autonomiste s’est cachée. Elle ne sort pas des ruelles plus éloignées du centre, sauf pour quelques agressions verbales dans les quartiers moins surveillés. Le tourisme est la seule vrais richesse, mais l’île est loin de tout, et les transports sont chers. Sans les quelques trois milliards de subvention annuelle de la France, la Polynésie serait en très grande difficulté.


vendredi 27 février 2015

Tahiti



Tahiti est presqu'au centre de la face cachée de la terre, cette face où il n'y a que de l'eau.
Le Pacifique
Le réveil n’a pas encore sonné. Je comptais sur la clarté du matin pour me réveiller plus tôt. Quand je sors la tête sur le balcon, nous sommes encore en mer. Je vérifie alors mon GPS et découvre que le bateau me cache Tahiti sur babord, et que la pointe de Vénus arrive à toute vitesse. Je saute dans mon short, passe ma chemisette et cours vers le pont supérieur. J’arrive le second, ce matin. Simone est déjà là, mais se demande si nous sommes à Tahiti, ou si nous sommes encore en face de l’île de Meheti’a, annoncée par le commandant sur le Today de ce jour. Quand je lui dis que nous sommes en face de la pointe de Vénus, elle ne cache pas sa surprise. Elle y était venue en vacances jeune fille, et ne se rendait pas compte que c’était aussi beau.
Le temps est variable et des ondées font ressortir le relief très tourmenté de l’île.
La pointe de Vénus est proche et très visible. Je distingue nettement le phare qui est construit sur l’emplacement de l’observatoire de Cook. Et voici un nouveau rêve réalisé.



Le Deliziosa vient à quai sans difficultés et nous sommes accueillis selon la tradition. Chacun reçoit une fleur de tiaré à se mettre derrière l’oreille.







En attendant la visite de l’est de l’île qui démarre à 11 h 30, nous découvrons Papeete (en polynésien, toutes les lettres se prononcent, les e sont tous des é : pa-pé-é-té). Le marché est magnifique, avec ses fleurs et ses paréo de couleur. Déçu de ne pas trouver de batterie de secours pour mon appareil photo, je me rabats sur deux belles chemisettes locales, payées en francs pacifique.






L’excursion nous fait découvrir quelques beaux points de vue sur les baies, et les grands hôtels qui font la réputation de Tahiti.















Monument de la Pointe de Vénus

Puis nous terminons par la pointe de Vénus et le monument rappelant l’expédition de Cook. Une étoile supporte une boule posée sur une colonne cylindrique. C’est censé représenter le soleil et vénus. Il est intéressant de constater que ce monument, ridiculement petit et insipide, a été érigé en 1921 par les français, suite à une demande des anglais, qui déploraient que rien ne commémore ici l’expédition de leur plus brillant navigateur. Le panneau explicatif apposé par l’office du tourisme parle de cette expérience comme d’un échec. Je suis bien triste de constater que le courage d’un des plus grands navigateurs de l'histoire, et une expérience scientifique majeure, soient si peu considérés, fussent-ils étrangers.
Dix ans après l'expédition de Cook, grâce à ses relevés astronomiques, nous savions enfin quelle était la taille de notre système solaire. La distance Terre-Soleil a pu être calculée (par un français, Jérôme Lalande, en 1771)) comme étant de 153 millions de km, ce qui est proche de la vraie distance.

Sur le chemin du retour, nous réservons une excursion pour demain. Ce sera un tour complet de la grande île. Le camion nous avait plu, ce matin en sortant, et la patronne a l’air sympa. Encore une bonne journée à venir.

jeudi 26 février 2015

Deux jours de mer

Deux jours de mer ont été tout juste suffisants pour trier les photos et répondre aux sollicitations de plus en plus nombreuses. J’ai distribué les relevés GPS de notre itinéraire à de nombreux touristes, dépanné quelques informaticiens débutants, expliqué les fuseaux horaires, …
J’ai aussi relu le livre de bord du navigateur James Cook parlant de Tahiti et de ses observations astronomiques de 1769. C’est grâce à lui et ses passagers astronomes qu’on a pu calculer pour la première fois précisément la distance de la terre au soleil (aussi appelée « unité astronomique » (UA)). Ce qui suit est écrit pour ceux

mardi 24 février 2015

Pitcairn et les révoltés de la Bounty



Aujourd’hui, nous allons rencontrer les descendants des révoltés de la Bounty. Le récit qu’en a fait Jules Verne est un peu loin dans ma mémoire. Mais, bien avant notre départ, j’ai trouvé, au Phare des Baleines de l’île de Ré, le récit de cette invraisemblable aventure du 28 avril 1789 (Bounty, Les prisonniers de l’évasion, Stéphane Attard, imprimerie Mingot, Marans). Je l’ai lu avec plaisir et relu hier soir. J’ai grande envie de voir de mes yeux cette île, et de rencontrer ses habitants.
Le soleil se lève à 6 heures. A cette heure-là, nous devrions voir l’île au loin. A six heures moins dix, je suis sur le pont. Dans la pénombre je ne distingue rien devant nous, mais le ciel s’éclaire peu à peu et j’assiste à un beau lever de soleil, juste à l’arrière du bateau.
Aussitôt l’île apparaît.
Un caillou au milieu de nulle part - Pitcairn
Je ne distingue encore que le haut des falaises. Elle est à 50 km. Nous y serons à 8 heures comme prévu. Il fait beau. Je passe presque tout ce temps sur le pont. Je ne voudrais pas manquer la sortie de la chaloupe de Pitcairn qui amènera une délégation à bord.
Bounty Bay
A 8 h, nous sommes face à la Bounty Bay. C’est le seul endroit de Pitcairn où l’on puisse aborder avec des chaloupes, et où l’on puisse monter depuis la mer sur les hauteurs, ou se trouve la ville. Adamstown porte le nom de John Adams, le révolté qui a survécu le plus longtemps grâce à sa grande sagesse et son sens de l’organisation et de la vie d’une communauté. En fait de ville, ce sont quelques maisons cachées dans les arbustes, qui abritent les 65 habitants de Pitcairn et hébergent parfois quelques touristes de passage.

En approche, 25 des 65 habitants de l'île. 
Une chaloupe émerge de la digue de pierres noires et vient à notre rencontre, chargée de 25 personnes. Les autorités de l’île et les habitants viennent rencontrer le commandant du navire et vendre aux passagers souvenirs et timbres. Pitcairn a la réputation d’avoir de très beaux timbres.






Le Deliziosa a préparé une douzaines de tables pour qu’ils disposent leurs produits, dans les coursives autour de la piscine, un grand espace ouvert, et ce sont bientôt 1000 clients qui se bousculent pour avoir leur tee-shirt ou leur carte postale sur ce marché improvisé.


J’ai pris avec moi le livre qui raconte l’histoire de Fletcher Christian et de ses camarades. J’entreprends de faire dédicacer  la page qui donne la liste nominative des révoltés.
C’est un moment intense de rencontres courtes mais chaleureuses, avec ces gens qui vivent reclus toute l’année sur un minuscule caillou volcanique. Ils parlent l’anglais et le pitkern, un dialecte issu de l’anglais des marins et du tahitien de leurs épouses. Ils comprennent ma demande,  je leur explique que j’ai lu cette histoire quand j’étais tout jeune et que je suis très heureux de les rencontrer, ils m’expliquent leur lien de parenté avec ces ancêtres qui ont choisi pour eux cette « prison d’évadés » et signent gentiment. La famille Christian est représentée par cinq personnes, de la septième et de la huitième génération. 






Pour couronner le tout, Michel M. me donne l’idée de faire apposer sur la page le tampon de la poste de Pitcairn avec la date, et pour faire bonne mesure, le commandant du Deliziosa accepte d’y ajouter sa griffe. Et voici un beau collector. C’est bien la première fois que je sollicite des autographes.

Pendant ce temps, le Deliziosa fait le tour de l’île. Je ne m’en rends compte que plus tard, en regardant le tracé de mon GPS. Toute mon attention est captée par ces personnages, dont certains sont assez amusants.

A 11 h, les étals sont vides et les sacs chargés de dollars en vrac entassés à la va-vite. Il ne passe que dix bateaux de touristes par an. Tout est rangé rapidement. Quelques rations de vivres offerts par le Deliziosa prennent, dans leur chaloupe, la place libérée par les souvenirs vendus. Nous avons droit à de grands signes d’amitié depuis la chaloupe qui décrit un grand cercle en guise d’adieu avant de prendre la direction de la minuscule crique.

Le Deliziosa corne trois fois et prend le cap de Papeete. Il figurera peut-être sur la série de timbres de l’an prochain.
Je reste ému et séduit par cette rencontre, la chaleur des regards, et la gentillesse des mots échangés. Il m’est très difficile d’entendre les activités du bord reprendre sans transition leur agitation. J’ai besoin d’un moment de calme pour m’approprier ce très beau moment. Nous allons, avec Marie, dans un coin calme du pont supérieur regarder Pitcairn qui s’éloigne.

Je serre mon livre contre moi.

samedi 21 février 2015

Ile de Pâques

C’est l’impatience ou la curiosité qui me réveillent. Je vais être énervé tout le jour, excité comme un enfant.
3700 km - 5 jours de mer
L’île Pâques est visible dans la pénombre, encore à vingt kilomètres. Je m’habille et monte sur le pont 11. Je suis seul. Le vent me cueille sans préavis. J’ai du mal à m’approcher de la rambarde, et je m’y accroche.
Avec un vent pareil, il est exclu que les chaloupes puissent nous débarquer. Gaël le marin malouins passionné de météorologie m’a expliqué que nous pourrions nous abriter derrière l’Île et que la houle serait légère dans cette baie. A cet instant précis, je voudrais le croire, mais j’ai bien du mal.
Le bateau poursuit sa route, nous arrivons à la pointe sud-ouest et nous la contournons. Je reconnais dans son profil la forme du cratère volcanique que j’ai vu sur la carte. Comme par miracle le vent se réduit. Le volcan nous abrite du vent de nord-est. Pourvu que ça dure !
Le soleil n’est toujours pas levé, mais la petite ville de Hanga Roa de se démasque petit à petit derrière la pointe du Rano Kao. Un vrombissement familier perce le bruit du vent. Un avion arrive sur nous, tous feux d’atterrissage allumés, il passe droit au-dessus du bateau en nous aveuglant. Nous sommes exactement dans l’axe de la piste de l’Aéroport International Mataveri.

Approche finale
La plus longue piste du Chili
Cette piste est la plus longue du Chili, un Concorde s’y est posé quatre fois, et sa longueur en a fait une des pistes de secours de la Navette Spatiale américaine.
La houle n’est plus creuse. Le vent est plus doux, nous allons pouvoir débarquer.

Dans le soleil levant, j’aperçois sur la plage un groupe de cinq Moaï accompagné de deux autres. Ils tournent le dos à la mer, comme les tous les ancêtres qui sont  arrivés sur cette terre. Une photo au télé de 300 mm dans la lueur de l'aube.







Excursion sur l'Ile de Pâques
Notre excursion nous propose un tour de l’île et de ses points les plus exceptionnels. Mais tout est exceptionnel sur cette île : sa géographie, l’histoire de son peuplement par des aventuriers exilés des Marquises au 8ème siècle, et son culte des ancêtres poussé à l’extrême, au point d’utiliser jusqu’au dernier arbre pour transporter ses immenses Moaï. Sans bois pour cuire les aliments, la famine s’installe et la lutte contre les envahisseurs amérindiens est inégale. Après la défaite de La Guerre (au 15ème siècle), le culte des ancêtres cède sa place pendant deux siècles à celui de l’Homme-Oiseau.
Plus tard, les espagnols arrivent dans une île quasi inhabitable et leurs lapins et rats finissent d’anéantir la végétation en mangeant les graines des arbustes. Les descendants des premiers peuples représentent aujourd’hui la moitié de la population et possèdent les terres, les autres viennent du Chili. La vie y est difficile. Le tourisme représente une ressource majeure.

Les Moaï (pas de « s » pour bien respecter la prononciation locale mo-ail) évoquent les ancêtres de chaque famille et son dressés sur leur tombe pour protéger la famille. Une famille riche peut avoir une plateforme comportant plusieurs de ses ancêtres. On estime à 200 le nombre de Moaï taillés. Leur forme évolue dans le temps vers plus de réalisme, et plus de hauteur. Les Moaï font de 5 à 21 mètres de haut.
Ma photo préférée

Moaï encore dans sa roche
Ce Moaï de 21 mètres n’a jamais été terminé et reste emprisonné dans la roche. D’autres ont été abandonnés en cours de transport. Un Moaï n’acquiert du pouvoir que lorsque ses yeux sont ouverts après érection sur son site définitif.










Moaï avec les yeux ouverts




Tous les Moaï ayant du pouvoir (dressés et possédant des yeux) ont été renversés et mutilés pendant la Guerre. Ce sont donc des statues couchées et presque toutes éborgnées que les européens ont trouvées en arrivant.














Comme le lac Pavin, le Rano Kao est un immense lac de cratère d'eau douce, où flottent les roseaux qui ont servi à l'expérience du Kon-Tiki, . Ce qui impressionne est sa situation en surplomb de la mer. Le paysage est majestueux.
Lac de cratère du Rano Kao

Les îles de l'Homme-Oiseau
Les îles de l’Homme-Oiseau sont un refuge pour les sternes fuligineuses, un oiseau rare. Pendant l’ère de l’Homme-Oiseau, chaque année, le chef de la famille du courageux nageur qui avait le premier rapporté un œuf de sterne sans le briser devenait le roi de l’île. Il fallait braver la descente de 300 m d’une falaise abrupte, nager plus d’un kilomètre dans les vagues et le courant, attendre parfois des jours la ponte d’un œuf, le loger dans une sorte de turban noué sur la tête et faire le trajet en sens inverse. Sans mentionner un risque de requins.
La visite s’achève par un barbecue sur la plage, retardé par une panne de notre minibus.

Difficile d'exprimer les sensations qui se bousculent, et la somme d'émotions procurées par cette journée. Il va falloir quelque temps pour mettre de l'ordre dans toutes les pensées qui me viennent.
A peine à bord, nous sentons le bateau lever l’ancre. En route pour Pitcairn, après deux jours en mer, sans événements notables.

vendredi 20 février 2015

Journée de mer, chargée

La journée s’annonce plus chargée.
Je passe un moment dans la matinée avec Nicole et Jacques pour leur expliquer comment lire sur Google Earth les relevés GPS que j’ai saisis. Ils sont très impressionnés par les possibilités du logiciel, et par la précision

jeudi 19 février 2015

Journée de mer, calme

La mer qui s’annonçait agitée est devenue assez calme. Ou bien est-ce nous qui nous amarinons. Le bateau poursuit, imperturbable, à sa vitesse de croisière de 21,4 nœuds. Tout semble confirmer que nous serons à l’heure à l’Ile de Pâques.
La journée n’est pas très chargée en activités, aussi je passe de longues heures à classer les photos et à mettre bien au propre les tracés de notre parcours, car j’ai de plus en plus de demandes de copies.
Finalement, le soir arrive vite, avec l’heure de nos retrouvailles. Notre table est très agréable et les personnalités qui s’y rencontrent s’équilibrent bien. Les centres d’intérêt y sont variés, de la géographie à l’administration, de l’histoire à la technique, de la vie de famille à la politique, de la cuisine au tourisme, et il nous reste probablement encore bien des sujets de conversation.
 Demain, dernière journée de mer avant le moment le plus attendu par l’ensemble du bateau.

mercredi 18 février 2015

Cap vers l'ouest, toute


Par moment le bateau semble flotter sur de la tôle ondulée. Le reste du temps, il lutte contre des vagues qui mouillent notre balcon au sixième étage. Mais il ne parvient pas à nous réveiller avant l’heure du petit-déjeuner.
Du sel s’est déposé sur les montants de notre fenêtre, et sur la rambarde du balcon. Vers midi le temps se calme, la chaleur revient et nous laissons la fenêtre ouverte pour aérer la chambre et entendre le bruit des vagues.

mardi 17 février 2015

Valparaiso - départ retardé

Nous apprenons ce matin, après le petit déjeuner, que le problème est résolu : Michel vous en dira plus !
Nous pouvons donc partir vers 11 heures ; dans 4 jours de mer, nous foulerons le sol de cette île fabuleuse ! Elle est bien belle la vie !!!

Bonjour, je reprends la suite de Marie. Le rhume est presque guéri.
En agrandissant les photos des dauphins d’hier, nous nous apercevons que ce sont des lions de mer. On distingue nettement leurs deux pattes avant et leur queue qui se divise. Ils se mettent sur le côté pour tourner et une nageoire avant pointe vers le haut, ce qui peut fait croire à une nageoire dorsale. En guise de danse, ils essaient d’attraper au vol quelques-uns des milliers de cormorans et de goélands qui plongent dans un énorme banc de poisson. J'en ai vu un réussir.

Quant au problème technique du bateau, en observant ce qui entre et ce qui sort des entrailles du bateau sur les remorques des camions de réparation, il s’agit vraisemblablement de la panne d’un des générateurs électriques. Le bateau comporte deux moteurs montés dans des pods pivotants, à l’arrière, et six moteurs transversaux, à l’avant, pour permettre toutes les manœuvres sans remorqueurs. Ces moteurs sont des moteurs électriques. Ils sont alimentés par des générateurs  entraînés par d’énormes diesels, comme pour nos locomotives diesel-électriques. Bien entendu, on peut naviguer avec 5 générateurs sur 6, mais avant une longue traversée, mieux vaut avoir un bateau nickel.
Les réparations sont faites à bord, mais ne peuvent se faire en mer. C’est pourquoi nous ne quittons Valparaiso que vers 11 h ce matin.
Un rapide calcul montre qu’il va falloir maintenir 21,5 nœuds sur tout le parcours pour arriver à l’heure. C'est à la portée de notre bon bateau qui peut voguer à 28 kts.
C’est bien ce que nous faisons toute la journée, malgré une mer qui commence à se former et un vent de plus de 70 km/h.
Nous sommes peu secoués, malgré tout, et nous n’avons rencontré qu’une seule personne souffrant de mal de mer, mais c’est plutôt amusant de voir les gens qui marchent devant soi dans les couloirs, osciller de droite et de gauche tous en même temps.

Après un bon dîner, nous ne restons pas à la soirée déguisée du mardi gras. Nous irons au lit de bonne heure, bercés par le navire. Cette nuit, nous gagnons une heure de sommeil. Le décalage avec la France est maintenant de 5 heures.

lundi 16 février 2015

Valparaiso et Viña del Mar

Aujourd'hui Michel est très enrhumé, probablement un problème de clim, de différence de température entre la cabine, les couloirs, le théâtre ou bien tout simplement le partage des nombreux virus qui aiment passer d’un passager à l’autre !
Donc je prends le relais et je suis très heureuse de venir vous livrer mes impressions et émotions du jour !
Les premières lueurs nous confirment que nous sommes encore dans le port de Valparaiso ! Nous avons en vis-à-vis, à quelques mètres, des énormes containers qui seront

dimanche 15 février 2015

Valparaiso

Aujourd'hui, pour quelque 200 passagers, la croisière s’arrête. Ils n’avaient réservé que jusqu'à Valparaiso. Ce voyage est découpé en trois tronçons. Celui qui commence demain va jusqu'à Sydney en Australie. Le dernier nous ramènera à Marseille.
D'autres arrivent, et dans les couloirs, nos stewards portent des valises.

Nous, nous visitons Valparaiso. Un tour de 4 heures en car avec de nombreux arrêts

  • pour de beaux points de vue sur la ville, 
  • pour la maison de Pablo Neruda, conservée avec soin par les chiliens, 
  • pour deux descentes depuis le plateau par deux des trente funiculaires de la ville, et 

  • pour un verre de Pisco amer et un beau chausson doré, aux oignons, olives, œufs dur, dans les jardins du musée d’art de la ville.

Visite de Valparaiso - partie en car, partie à pied

Nous découvrons cette ville mythique, qui reste le plus grand port du Chili, et qui garde les traces superposées d’une histoire mouvementée.

Palazzio Barburizza - Musée d'Art
La riche Valparaiso, qui était l’étape importante du Pacifique avant le canal de Panama, conserve quelques magnifiques hôtels particuliers de style français, anglais, allemand, espagnol. Ils ont été transformés en hôtels ou achetés par l’administration quand les familles propriétaires n’ont plus pu les entretenir, ou rasés par le grand tremblement de terre de Valparaiso, au début du XXe siècle. Ceux qui n’ont pas été rachetés sont tombés en ruine, faute d’entretien, et ont été remplacés par des immeubles modernes. 

L’absence totale de plan d’urbanisme autorise des juxtapositions parfois surprenantes d’immeubles modernes et de maisons en bois, mais nous livre, par contre, des contrastes de style, de matériaux, de couleurs, souvent très agréables. 





Heureusement, le classement d’une partie de la ville par l’Unesco préserve quelques beaux quartiers pittoresques. C’est alors le feu qui ravage des centaines de maisons, en 2014, sans faire de victimes, mais en rayant de la ville un quartier tout entier. 




Funiculaire El Peral
Enfin, les trente funiculaires ne sont plus entretenus comme ils le devraient et s’arrêtent les uns après les autres. Quinze sont inutilisables depuis assez longtemps, et huit autres viennent d’être fermés pour insuffisance d’entretien. Nous prenons L"ascensor El Peral" que l'on voit du bateau.














Les quartiers pauvres ne sont pas très reluisants mais on est loin des favelas de Rio.










La ville souffre de l’exode de la classe moyenne vers Viña del Mar, une petite Nice beaucoup plus agréable à vivre, qui possède une plage sur la même baie.
Malgré tous ses tourments, Valparaiso reste Valparaiso : un port dans une anse protégée, qui assure l’approvisionnement de la capitale, Santiago, toute proche ; une étape importante pour les voyages touristiques trans-pacifique ; et un mythe pour tous les amoureux de la mer et des grandes traversées.
Je me régale en voyant toutes ces maisons qui racontent la vie tout entière de Valparaiso depuis 1850. Je n’ai aucun mal à m’imaginer les enfants des riches agriculteurs ouvrant des commerces en ville, les armateurs construisant docks et installations portuaires, les immigrants d’Europe faisant fortune en important vêtements, parfums ou machines, et bâtissant des maisons luxueuses. J’imagine la cohabitation des anglais, des allemands, des libanais, des croates, des juifs, avec les espagnols, la cohabitation de chacune de leurs religions, anglicane, réformée, orthodoxe, judaïque, catholique, cohabitation paisible et enrichissante. J’imagine les administrations qui donnent au pays une structure et des lois qui lui permettent aujourd'hui d’être le pays le plus stable et le plus développé d’Amérique du Sud. 
Les quartiers proches du port, fréquentés autrefois par les marins de passage, ne font plus recette et sont en complet réaménagement. Il me semble pourtant, en les traversant, entendre des chansons de marins et les verres de Pisco qui s’entrechoquent, les parquets qui grincent, et les bagarres qui éclatent pour quelques pesos de trop, ou de de moins. Il me semble voir les enseignes des tavernes et des bars, qui se balancent au vent, sous l’éclairage faiblard des réverbères. Et des marins qui titubent, et des marins qui rentrent au navire, au petit matin, avant quelques mois de mer, jusqu'à un autre port, très loin, Papeete, Auckland, ou Sydney.

Comme nous.