14 septembre 2013.
Je commence ce blog par un souvenir d'enfant.
J'ai six ans, maman m'a appris à lire. Je suis en vacances à Brioude.
Ma grand-mère retrouve dans son grenier un jeu de cubes. Six images à reconstruire. Europe, Asie, Afrique, Amérique, Océanie, Monde.
Je déchiffre les mots, je pose des questions, Nouvelle-Guinée, Australie, Java, Brésil, Antarctique, Equateur, Amérique, Océan Indien,... Mémé m'explique. La taille du monde, les îles désertes, les océans.
Elle voit que je suis fasciné par ces cartes et va me chercher son Atlas. Il ne me quittera plus.
La page du planisphère des grandes découvertes, avec les parcours de Christophe Colomb, Amerigo Vespuci, Magellan, Cook, est usée, et cornée plus que les autres.
Toute ma vie, ces mots m'accompagnent. Cap Horn, Cap de Bonne Espérance, Île de Pâques, Terre de Feu, Amazonie, Nouvelle-Zélande. Mais il ne sont qu'un filigrane évanescent dans une vie professionnelle passionnante, une vie familiale riche, une vie culturelle foisonnante. Seule concession à ces souvenirs, la belle mappemonde qui trône dans le salon et que je parcours du doigt avec mes petits-enfants.
Ma carrière d'ingénieur m'a emmené dans beaucoup de pays de l'hémisphère nord. Rarement sous le tropique du Cancer (Vietnam, Cambodge), et j'ai frôlé l'équateur (1°15' N) lors d'une escale rapide à l'aéroport de Singapour.
Sans tout à fait y croire, sans jamais m'en reparler, je m'étais promis de faire le tour du monde, sur les traces de Magellan ou de Cook, un jour, "... quand je serai vieux".
Un soir de septembre 2013, sans prévenir, cette promesse me revient en plein visage. Je demande alors à Marie à quel âge on est vieux. A son air surpris, je lui explique pourquoi. Nous décidons très vite que c'est à 66 ans. Que ce voyage, il faut le faire maintenant. Marie saute de joie, et fonce sur l'Internet pour chercher comment. Son anniversaire est le 14.
Les obstacles sont nombreux, ils tombent un à un. Très vite, nous trouvons des réponses à tout. Nos enfants nous encouragent. Puis nous en parlons à Michel M. et Martine, nos amis depuis 48 ans, avec lesquels nous avons déjà fait de beaux voyages. Les yeux de Martine ont dit oui avant la fin de notre phrase. Michel sourit. Nous partirons à quatre.
Michel B
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