Aujourd'hui, nous arrivons à Sydney
pour midi. C’est la première fois que nous entrons dans un port à la
mi-journée, et beaucoup de voyageurs sont sur le pont pour suivre l’arrivée.
Depuis plusieurs heures, nous apercevons la côte qui approche, sans pouvoir
deviner où est l’entrée du port. James Cook n’avait, lui-même, pas vu cette
entrée et avait fait relâche dans une grande et belle baie juste au sud de Sydney,
qu’il a appelé Botany Baie. De nos jours, un aperçoit assez tôt le sommet du
Sydney Harbour Bridge, le pont du port de Sydney.
L’entrée de la baie de Sydney est
protégée par de grandes falaises, le pont de Sydney n’y est plus visible, et un
faut faire un S entre les deux rives pour voir enfin la belle vue sur la ville.
Le port de croisière est petit. Les
grands bateaux comme le nôtre ne passent pas sous le pont. Il n’y a qu’une
place à quai avant le pont,
aussi nous a-t-on attribué une belle place dans
Athol Bay.
Nous sommes ancrés face à l’Opéra et face au pont, face aussi au
grand centre-ville, sa tour et ses gratte-ciels. Nous succédons à cette place
au Queen Elizabeth II qui vient de partir.
C’est une grande chance que d’avoir
une telle position, et nous l’apprécions le matin, en ouvrant les rideaux,
comme le soir quand le soleil couchant éclaire la ville. Nous nous en
souviendrons longtemps.
Pour l’équipage du bateau, c’est une
autre affaire, il y a trois lieux de débarquement dans la ville et nos
chaloupes sont épaulées par les chaloupes du port, c’est une organisation
complexe. Ils accueillent aussi les passagers du dernier tro nçon (Sydney-Marseille), et déchargent les bagages de ceux qui nous quittent ici. Sans compter les transvasements de produits frais, d’eau et autres ingrédients. Bref trois jours difficiles pour eux.
L’opéra de Sydney
Ce premier soir, nous avons réservé
des places à l’opéra, et nous descendons en chaloupe, en costume et robes du
soir. Amusant.
L’opéra de près, éclairé pour la nuit est impressionnant. L’intérieur
est très sobre, béton, bois, verre. La grande salle est agréable, les sièges,
silencieux et confortables sont comme neufs. La vue est excellente et l’acoustique
agréable. Cette salle va fermer deux ans et sera modifiée profondément. On ne
sait pas encore quand. Des améliorations de la fosse d’orchestre et des progrès
dans son acoustique ont été jugés nécessaires.
La Tosca, mise en scène par John
Bell, est à l’affiche depuis deux ans. Les chanteurs sont très bons, tous australiens,
à l’exception du ténor mexicain, Diego Torre, qui est excellent et mérite les
longs applaudissements qu’il recueille. Le baryton, Shane Lowrencev, est un
Scarpia convaincant, belle voix et belle prestance, et je le place en second
sur le podium, avant Jacqueline Mabardi, une belle Tosca, mais qui manque de
puissance face à son Cavaradossi. Je passe sous silence la mise en scène. Je
pense qu’elle n’aurait pas fini la première représentation à Paris ni à
Londres. John Bell situe la scène dans une Italie occupée par les nazis, et le
bureau de Scarpia est décoré de drapeaux SS.
Une fois passée la surprise, je
dois avouer que le souci de Puccini de créer une situation où des gens modestes
(un peintre, une chanteuse) ont de grands sentiments et des destins tragiques, est
bien respecté, et le tout est très crédible.
Au total, une très belle soirée
dans un cadre vraiment unique. L’image de cet Opéra n’est pas surfaite, son
architecture n’a pas pris une ride, et les carreaux de faïence qui recouvrent
ces grandes voiles ne semblent pas avoir 40 ans, tant ils sont restés intacts
et propres.
Marche agréable le long du Circular
Quay pour rejoindre dans la nuit l’embarcadère de Campbell Cove et retour au
bateau pour une première nuit dans cette belle Baie.
Deuxième jour.
Nous avons choisi une excursion qui
nous fait découvrir la ville, pendant 7 heures. Notre guide est excellente.
Après sa jeunesse en Suisse, elle est venue en Australie comme conférencière et
guide. Plus très jeune, elle a une grande expérience des groupes et une
connaissance approfondie de son pays et de sa ville. Si j’ajoute qu’elle s’exprime
avec clarté et simplicité, j’aurai dit l’essentiel.
Sydney est la plus grande ville d’Australie.
Ce n’est pas la capitale (Cambera). C’est à la fois un centre de commerce et d’affaires.
La ville est belle, les quartiers
les plus beaux sont très beaux, les quartiers les moins beaux sont bien
entretenus et propres. Beaucoup d’arbres, il interdit de couper un arbre dans
son jardin sans autorisation. Beaucoup d’oiseaux que nous ne connaissons pas
(aras, ibis, merle chinois, etc.). De belles plages bien équipées.
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| Joueur de didjeridou |
Un grand nombre de communautés cohabitent (aborigènes,
anglais, chinois, italiens, grecs, libanais, français, …). Un peu comme à
New-York. L’Australie est peu habitée pour une surface supérieure à celle de
toute l’Europe. Elle accepte les immigrants sans distinction de nationalité ou
religion, mais se fonde sur les compétences de la personne, qui doit pouvoir
vivre sans aide, dans le pays. Et sa surveillance aux frontières est
intraitable.
Le zoo de Taronga
Le troisième jour, nous visitons le
zoo, pour voir ces animaux que l’on ne trouve qu’ici. Le zoo de Taronga, que l’on
voit de notre bateau, est très grand, très beau, et bien organisé. Un circuit
particulier est dessiné pour y voir les animaux australiens. Nous y passons
cinq heures, et y serions bien restés un peu plus, s’il ne fallait rentrer pour
le départ du bateau. Voici quelques photos.
Le lémur à queue rayée mange des fruits. Il est sociable. Et son cri de chouette s'entend des kilomètres à la ronde.
Les ornithorynques sont présentés
dans un abri obscur, où il faut un bon moment pour discerner quelque chose,
derrière des vitres, et où est reconstitué leur milieu naturel, petite rivière
d’eau courante claire et vive. Les flashs sont interdits, et il faut faire des
prouesses pour capturer une image. Je vous livre celle-ci, (photo sans flash, au
¼ s, à f 2.8, ISO 1600, retraitée avec Photoshop).
Il boit de l’eau fraiche, avant de
prendre une douche. Je dois dire qu’avant de retoucher la photo, je ne savais
pas ce qu’il faisait, tant il faisait sombre.
L’échidné à nez court ressemble à
un hérisson, mais il est de la même famille que l’ornithorynque, bien qu’il ne lui ressemble pas du tout ;
c’est un mammifère avec des caractères reptiliens. Ses épines sont de longs
poils, très durs, et de la fourrure pousse à leur racine pour lui tenir chaud.
En cas de danger, il se roule en boule pour se protéger, car il n’a pas d’épines
sous le ventre. Il mange des fourmis et des termites qu’il attrape avec sa
longue langue en pénétrant avec son nez dans les fourmilières. Parfois, il se
couche sur une fourmilière et laisse pendre sa langue sur laquelle les fourmis
grimpent toutes seules. Economie d’énergie !

Cet hippopotame nain est moins
imposant que ses cousins, mais il a des canines très longues et très pointues.
Il est beaucoup plus dangereux qu’il en a l’air.
Le koala ne se présente pas. Ceux
du zoo sont très choyés, et si on peut les approcher, il est interdit de les
toucher. C’est un animal facile à photographier. Par moment, on se demande s’il
ne prend pas la pose volontairement.
L’émeu est un bel oiseau, tout gris
et frisé. Il est de la famille des autruches.

Nous prenons la mer pour Melbourne. La sortie de la baie est aussi belle que son entrée et nous avons le temps de chercher dans les falaises qui bordent sa sortie, les vieux blockhaus de 1914, et les installations de sémaphores, d’antennes et de radars d'aujourd'hui. C’est le grand port militaire de la façade est du pays.












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