Bien avant le lever du soleil, nous
levons l’ancre et sortons de la passe de Papeete. Ce passage est impressionnant
car la passe fait à peu près 50 m de large et le bateau 32 m. Il reste vraiment
peu de place entre la bouée verte et la bouée rouge. D’un côté c’est la grande
jetée qui protège le port, de l’autre des récifs de corail sur lesquels les vagues
viennent se briser. Mais le bateau est piloté avec un petit
« joystick » qui déplace un bateau virtuel sur un écran. C’est
l’ordinateur qui ajuste les moteurs pour respecter la trajectoire voulue.
Moorea est à quelques encablures de
Tahiti.
On voit déjà l’île dans la lueur de l’aube. Il faut en faire le tour pour entrer dans la baie Opunohu surmontée par les montagnes qui sont le symbole de l'île. La barrière de corail affleure et nous fait croire à un sillage de ski nautique. Passage interdit.
On voit déjà l’île dans la lueur de l’aube. Il faut en faire le tour pour entrer dans la baie Opunohu surmontée par les montagnes qui sont le symbole de l'île. La barrière de corail affleure et nous fait croire à un sillage de ski nautique. Passage interdit.
Les débarquements se font en chaloupe. Le trajet aura duré moins de deux heures. Moorea se présente comme un ancien volcan, très déchiqueté, avec des pics et des massifs abrupts. Nous sommes à l’abri dans l’une des deux baies profondes de l’île.
Les chaloupes nous débarquent sur
un petit quai où nous attend un bateau local. L’accueil du capitaine et de son
second est chaleureux. Il nous parle de son île, des lagons, du corail, et du
programme de la promenade. Nous allons découvrir les rives ouest et admirer les
montagnes depuis la mer.
Des dauphins nous accompagnent un moment.
Puis, soudain, seule la couleur de l’eau prend de
l’importance, entre un vert émeraude très clair et un Peper Mint glacé, il est
difficile de se détacher de cette transparence. Ce sont les fonds de sable blanc
qui la rendent si claire, et les petits massifs de corail qui y posent des
taches plus foncées. Le soleil se diffracte dans les vaguelettes et projette sur
le fond des faisceaux brillants qui dansent avec légèreté. Le spectacle est
fascinant. Le moteur s’arrête au milieu de la lagune. Nous avons pied, et le
capitaine nous distribue masques et tubas. En deux minutes, tout le monde est
en maillot de bain et quand le bateau s’immobilise, les plus courageux sautent
dans l’eau sans attendre que les marches soient abaissées.
Puis une
multitude de requins s’invite au festin. Ils ne font pas plus d’un mètre vingt,
mais ils ont bien une allure de requin. Nous avons été préparés aux gestes à
faire et à ne pas faire. Aussi c’est avec confiance que je mets la tête sous
l’eau et commence à explorer les environs. Près des coraux, une multitude de
petits poissons colorés, rayés, transparents, longs, larges, plats.
L’eau est
chaude, le soleil brille, un requin vient droit sur moi, juste en face. Un
instant, je vois les images des films d’horreur. Je sais qu’il n’attaque pas
l’homme. Mais, lui, le sait-il ? Il passe à côté de moi avec la plus
parfaite indifférence. Je n’existe pas plus qu’une branche morte. Ouf.
Marie est aussi dans l’eau et se
familiarise avec l’usage du tuba. Elle est enchantée de cette première expérience.
Le repas des raies continue et nous
sommes invités à les toucher. Leur dos est d’une telle douceur qu’il semble
gluant. Leur queue est rêche. Elles sont énormes, plus de 80 cm de diamètre,
certaines plus d’un mètre.
Les meilleurs moments ont une fin.
Nous remontons dans le bateau et après un dernier détour, et un bain sur une
plage parsemées de coraux, nous rentrons en passant devant les beaux hôtels qui
font la réputation de l’île.
Les photos ne montrent pas toute la
beauté des eaux. Mais on y voit bien leur transparence.








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