Ce blog parle de notre voyage autour du monde austral du 7 janvier au 30 avril 2015.
Nous sommes heureux de vous y faire partager nos préparatifs, nos récits et nos photos.
A lire de préférence en partant de la date la plus ancienne, pour garder le fil.
NOUVEAU : Plein de photos et des cartes ajoutées progressivement aux pages d'origine.
(16/10/2018 : jusqu'à Moorea).

dimanche 26 avril 2015

Arrécife, île de Lanzarote

Nous avons retenu un véhicule pour huit personnes et c’est Michel qui nous conduit. Martine et lui ont séjourné ici il y a trois ans. Ils ont envie de nous montrer ce qui leur a plu.

En plus de nous quatre, nous avons le plaisir de compter parmi nous Renée et Michel, nos compagnons de table, dont je vous ai déjà parlé, et Annie et Gérard qui ont accepté de partager notre aventure d’un jour.
Pas d’excursion Costa, donc, mais un circuit sur mesure. Je suis le copilote, avec carte et GPS, on devrait pouvoir revenir au bateau avant l’heure fatidique de 17 h 30.

Notre journée comporte trois points forts. Mais nous avons décidé de nous arrêter à la demande des uns et des autres pour des photos, des dégustations ou le pique-nique.

Premier objectif, le parc national de Timanfaya, la montagne de feu.
Lanzarote ne comporte pas de volcans aussi hauts que Ténérife, et les étendues de terre plus plates se prêtent davantage à la culture.
Dans ces paysages arides, les paysans ont accommodé le chameau qui sert autant au transport qu’au trait. De là à organiser des randonnées à dos de chameau pour les nombreux touristes, il n’y avait qu’un pas  Nous nous arrêtons pour voir de près ces énormes animaux.





Quelques photos de leur jolie frimousse, et nous repartons vers la montagne de feu.

La montagne de feu – Parc de Tymanfaia


Pour nous démontrer que l’activité volcanique est toujours présente, le guide du parc jette dans un trou quelques branches sèches. Elles s’enflamment spontanément. L’air y est à près de 400°C.

C'est un autobus du parc qui nous emmène ensuite sur un parcours de 10 km à travers des champs de lave, des cratères, des flancs de cônes égueulés, des coulées lisses ou caillouteuses.

La route est parfois vertigineuse et il faut tout l’habileté du chauffeur pour prendre certains virages où une partie du véhicule surplombe le vide. Malgré la jeunesse de ces coulées, la vie s’empare du sol, du lichen est visible presque partout, et quelques massifs de plantes plus invasives que les autres donnent déjà des fleurs. J’essaie d’imaginer la lave encore chaude et rougeoyante et l’enfer qui a suivi les éruptions.  Je comprends que ces phénomènes d’une puissance inouïe suscitent des récits et des légendes fantastiques. Les dragons sont nés dans ces pierres, montées du magma en fusion que nous avons sous les pieds.

Michel nous conduit maintenant à travers les vignobles. Le sol est propice à la vigne, la chaleur du soleil aussi, mais c’est le ciel qui ne l’est pas. Il ne pleut pas assez pour de bonnes récoltes. L’homme a imaginé comment capter les quelques gouttes de rosée et celles des brumes qui montent de la côte. Des murets semi-circulaires, en pierre sèche, plus froids que l’air ambiant au lever du jour, condensent la vapeur d’eau, comme le fait le miroir d’une salle de bains. Les quelques gouttes recueillies alimentent le seul cep planté en leur centre. Nous faisons halte au Vinos el Campesino, à la sortie de Masdache. Le vin est bon. L’ingéniosité de l’homme a encore triomphé de la nature adverse.

Au nord de l’île, à la Cueva de los Verdes, la lave nous réserve une autre surprise. En visitant Vulcania, je suis passé dans la reconstitution d’un tunnel de lave. Je ne pensais jamais circuler dans un vrai. Il faut expliquer sa formation. Une rivière de lave très liquide s’écoule à grande vitesse d’un cratère. Elle arrive dans la mer encore liquide, tant elle est chaude. Mais ses bords refroidissent au contact du sol et de la lave plus ancienne, refroidie.

Progressivement, au gré des projections et des variations de débit, des murs se forment, puis se rejoignent au-dessus de l’écoulement. Cette carapace forme maintenant un tube dans lequel la lave coule et reste bien au chaud. La lave ne creuse donc pas son tunnel, la croute moins chaude qui se forme sur les côtés et le dessus, quand elle est assez épaisse, ne peut plus couler et se fige, comme une sorte de cocon tout en longueur.
Puis l’éruption se termine brutalement et le flot de lave s’interrompt. Le tube de lave liquide se vide complètement avant que la rivière ne se solidifie. Il reste le gros tube vide. Un super égout sans l’odeur.
Celui que nous visitons est triple. Trois tubes énormes de plus de cinq mètres de diamètre. Nous en parcourons deux. Des tubes de pierre sans soudure, parfaitement lisses, seulement rayés par la coulée de lave sur toute leur longueur. Des zones plus larges, d’autres plus étroites, en fonction de la pente du terrain et de la vitesse du fluide. Une zone si large qu’on y a aménagé un auditorium. Bonne acoustique.
Les mouvements de terrain ont créé quelques failles. On trouve de l’eau en grandes nappes calmes, mais ici, ni stalactites, ni stalagmites, une grotte en lave sombre, pas en calcaire blanc. Un monde souterrain bien étrange, qui nous réserve quelque surprise que nous avons promis au guide de ne pas dévoiler, pour que votre visite, un jour, se termine comme la nôtre, dans l’émotion et le sourire.

Petit sandwich, pris rapidement sur le muret d’un parking, dans le village d’Arrieta, très calme, au-dessus des roches noires et peu accueillantes d’un minuscule débarcadère de la côte est, mais dans une bonne ambiance de fin de croisière toute proche.





Prochaine étape, la magnifique Fondation Cesar Manrique. Découverte pour moi de ce que fut la vie l’œuvre de ce grand architecte, peintre et sculpteur.







Les bâtiments de cette fondation ont été créés par lui, de son vivant. La maison est partiellement enfouie dans une coulée de lave, et il met à profit la configuration du terrain pour jouer avec la roche volcanique et avec la lumière. Belle promenade dans cette maison inattendue, plaisir des yeux et de l’esprit.













Belle sortie dans un jardin ornemental, perspective fermée par une grande mosaïque colorée, sculptures animées par le vent,  un peu à la manière de Calder, plus géométriques, et plus colorées ; et pelouse en gravier de lave noire piqueté de massifs verts. Agréable point d’orgue culturel pour cette journée dans une île inattendue où nous aimerons revenir.

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