L’arrivée à Walvis Bay se fait dans
ce brouillard épais qui se transforme immédiatement en brume légère à l’entrée
du port.
La présence de l’air sec du désert du Namib y est pour quelque chose.
Notre excursion dans le désert
débute tôt et nous commençons par les plages. Sur un fond de brume, les taches
de couleur des colonies de flamands roses sont réjouissantes. Je me régale de
photos et l’arrivée d’un héron au milieu de la plage est aussitôt immortalisée.
Nous partons rapidement vers la
dune 7. C’est une immense dune qui se trouve à 7 km de la ville, la première
d’une longue rangée qui se prolonge sur 30 km jusqu’à la rivière Swakop, plus
au nord. Le temps d’une escalade jusqu’au sommet pour les plus courageux (dont
nous ne sommes pas), de quelques photos du désert, et nous nous dirigeons vers
un invraisemblable paysage lunaire.
Cinquante-cinq kilomètre d’une route
bien entretenue, en plein désert. La Namibie entretient bien ses routes et se
bâtiments. Des lotissement à très bon marché de maison en dur couvrent la
banlieue des villes et remplacent depuis peu les bidonvilles que l’on trouve
ailleurs en Afrique.
Puis c’est l’arrivée dans un
paysage de désolation. Plus une trace de végétation, du rocher à nu sur des
milliers de kilomètres carrée. De la roche volcanique, de l’ocre sombre au gris
foncé, voire au noir. Le relief apparaît tel quel, il n’est pas masqué par la
végétation, l’herbe, ou les forêts. Ces paysages ont été utilisés pour des
reconstitutions de missions lunaires ou pour des films de science-fiction.
Il me vient l’idée de faire une
photo que je pourrais transformer en paysage lunaire en ajoutant un ciel noir.
Marie a justement pris une photo avec un touriste bien accoutré.
A quelques kilomètre de là, le
guide nous arrête au pied de quelques plantes très anciennes. Leur
particularité est de résister à une sécheresse extrême. Cette Welwitschia mirabilis,
n’existe qu’ici. Elle ne fait que deux feuilles qui poussent sans cesse pour se
renouveler, et produit quelques fruits quand les conditions sont favorables à
la reproduction. Certaines de ces vielles laitues ont plus de 500 ans. C’est
devenu une attraction pour les touristes, et reste l’objet d’étude pour les
biologistes.
Quelqu'un me dit avoir vu un lézard se déplacer. Je le cherche et le découvre sur une pierre. En plein milieu de ce désert très aride, il se réchauffe au soleil. De loin il me semble transparent, tant il est de la couleur du sol. Je cherche le meilleur angle et le meilleur éclairage, Je travaille au téléobjectif pour ne pas l'effrayer. Il m'a vu mais me juge assez loin. Le klaxon lointain du chauffeur me signale que je serai le dernier à remonter dans le car. Je cours.
Nous rejoignons le cours de la
rivière Swakop jusqu’à son embouchure La
ville s’appelle Swakopmund (= l’embouchure de la Swakop en allemand). La
Namibie a été un protectorat allemand jusqu'en 1919 ; la population parle
allemand et anglais, les touristes, commerçants, industriels et retraités allemands y sont nombreux.
Nous y rencontrons des artisans
venant de tribus voisines. Un groupe de femmes, dans leur costume quotidien,
bien loin des standards de nos villes, vend ses bijoux et accepte les
photographes contre quelques dollars.
Un déjeuner rapide dans un joli
salon de thé très allemand nous permet de déguster une bonne salade et une part
d’Apfelstrudel excellente, avant notre retour vers le bateau pour la poursuite
de notre voyage.
Les escales sont courtes, et nous
avons pris l’habitude d’allonger le temps au maximum en remplissant les cartes
postales pendant le déjeuner, et en allant droit aux points qui nous paraissent
les plus étrangers à nos habitudes et les plus remarquables. Je reviendrai de
ce voyage avec une quantité impressionnante d’images gravées dans ma mémoire,
qui me donnent envie d’en savoir plus sur les gens, les pays, les continents
visités.
Le brouillard nous guette à la
sortie du port.
Départ pour l’Ile de Sainte-Hélène.




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