Ce blog parle de notre voyage autour du monde austral du 7 janvier au 30 avril 2015.
Nous sommes heureux de vous y faire partager nos préparatifs, nos récits et nos photos.
A lire de préférence en partant de la date la plus ancienne, pour garder le fil.
NOUVEAU : Plein de photos et des cartes ajoutées progressivement aux pages d'origine.
(16/10/2018 : jusqu'à Moorea).

jeudi 29 janvier 2015

Buenos Aires

La nuit a été courte. Le soleil promis est là. Les bus s’alignent sur le quai. La journée commence comme prévu. La vie est belle.
Ignacio a 71 ans. Il est le fils d’un émigré juif polonais, il parle un bon français avec un accent à la Popeck qui lui donne le sourire. Il fait penser à Einstein. Il aime l’argentine mais porte sur elle un regard sans concession. Il n’hésite pas à partager avec nous des expériences personnelles pour nous faire sentir ce qu’est la vie d’ici. C’est une agréable visite du Buenos Aires culturel qui commence.
Casa Rosada
La place de Mai est fermée à l’est par la Casa Rosada, Maison Rose, palais de la présidente. C’est cette place qui réunit depuis des années les grand-mères qui exigent des informations sur leurs enfants éliminés par le régime précédent. 
Cathédrale
La cathédrale qui en occupe un angle rappelle par sa présence la position ambiguë de l’Eglise dans ces périodes troubles. Ignacio ne nous y emmène pas.

La Boca

Le quartier de la Boca (la bouche : « embouchure » du Rio Matanza qui se jette ici dans le Rio de la Platta) est connu pour son stade mythique. 








C’est aussi un quartier pauvre qui aime à se montrer sous ses meilleures couleurs. Maisons en tôle ondulée peintes de couleurs vives, rue Caminito, repaire des marchands de souvenirs et des danseurs de tango sur les trottoirs des restaurants pour touristes. 





Une belle ambiance qui lutte habilement contre beaucoup de misère.
Le gouvernement lutte contre les favelas en donnant à tous les démunis les matériaux nécessaires à la construction de leur logement. On voit donc des rangées de maisons en brique creuse en construction sur les terrains vagues.



Puerto Madero 

Déjeuner sur les quais du quartier Puerto Madero, les anciens docks ont été transformés en lofts de luxe, ou remplacés par des hôtels et restaurants chics. Les vieilles grues jaunes qui jalonnent les quais de l’ancienne darse rappellent avec malice la vocation première des lieux. Nous traversons à pied une passerelle pivotante au design très contemporain. Le tout forme un bel ensemble, qui donne de la valeur à la ville.

Palermo

Tombeau de la famille Duarte
Dans le beau quartier des anciens hôtels particuliers et des ambassades, proche du grand parc de Palermo, le cimetière des Récollets est une invitation à admirer les influences artistiques du siècle dernier, mais en égrainant les noms de personnes célèbres, c’est la vie du pays qu’Ignacio nous dévoile, jusqu’au tombeau de la famille Duarte, nom de jeune fille d’Evita Peron, première femme à avoir ici son nom gravé sur une pierre.
Avant de reprendre le bus, Ignacio, qui nous répète depuis ce matin que tout le monde devrait connaître au moins les huit premiers pas du tango, et qui nous incite à nous inscrire tous à un cours de tango dès notre retour en France, entreprend de nous les apprendre sur le trottoir, en invitant Renée comme cavalière. 


Leçon de Tango devant le cimetière

Moment de détente et de rire, avant une heure de liberté rue Florida. Comme nous connaissons déjà un peu cette rue, nous suivons un autre de ses conseils, et nous attablons à une terrasse pour la regarder vivre en sirotant un café. Il fait meilleur qu’hier, toute la ville est dehors.
Le bateau nous attend.
La sortie du port est sportive. Le bateau doit réaliser deux virages serrés dans un chenal étroit. Le vent rend la manœuvre délicate, car il frappe notre flanc à deux moments cruciaux du parcours. Le pilote et le commandant ont décidé de faire appel à un remorqueur malgré nos hélices latérales. J’admire depuis le pont 11 la manœuvre et la coordination des mouvements des deux bateaux. Le remorqueur, remarquablement agile, tourne autour de notre proue pour nous tirer à chaque instant dans la bonne direction. Du beau travail.
Cap à l’est pour Montevideo et l’Uruguay à nouveau.
Nous serons de retour en Argentine, à Puerto Madryn, dans trois jours, puis à Ushuaïa un peu après. J’ai envie de voir d’autres visages de ce pays qui me déroute. J’ai du mal à comprendre sa trajectoire dans l’histoire d’hier, comme dans celle d’aujourd’hui.

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