Hier soir, après un embarquement sans problème, nous prenons contact avec le gigantisme de ce navire.
L'équipage nous encadre pour l'exercice d'évacuation d'urgence. Avec nos gilets orange, nous avons une allure légèrement surréaliste.
Quelques minutes plus tard, après le rangement de nos gilets dans nos placards, l'auditorium se remplit de tous les francophones, et Frédéric nous explique la vie à bord et la diffusion des informations sur une lettre quotidienne nommée « Today » que nous trouvons tous les soirs sur notre lit. Un verre d'accueil plein de bulles puis c'est le premier dîner, excellent. Notre table de six nous fait découvrir un couple bien sympathique. Nous décidons tous les six de changer de service, car ce premier service est beaucoup trop tôt. C'est celui que préfèrent les passagers du nord de l'Europe. Il convient moins bien aux méditerranéens, que nous sommes un peu. Le maître d'hôtel prend notre demande avec patience et respect ; et revient nous apporter la réponse au milieu du dîner, c'est accepté. Nous aurons notre nouvelle table demain, nous y serons tous les six. C'est dans une demi-heure, au moment où j'écris cette ligne.
Après le dîner, spectacle. Un couple d'acrobates français. Du main à main de très grande qualité. Les spectateurs applaudissent. La croisière est bien partie.
Pendant ce temps, le bateau a pris la mer. Quelques vibrations et parfois de légers frémissements nous font sentir qu'il vit, et qu'il avale déjà ses vagues.
Nous serons bercés une partie de la nuit. Mais nous ne sentirons que les tout premiers bercements. La journée a été longue.
Vers trois heures du matin, le silence me réveille. Nous sommes à l'arrêt face au port de Barcelone. Nous y rentrerons vers 7 heures. Je peux me rendormir.
Ce matin, nous visitons la ville tous les quatre. Michel connait bien. Après un petit déjeuner raisonnable, sur le pont 9 qui domine les quais, et dès l'ouverture des passerelles, à 8 heures, nous fonçons vers les navettes qui mènent en ville les indépendants. Un seul couple a été plus matinal que nous. Les habitués qui se retrouvent progressivement derrière nous, ne semblent pas surpris de le voir au premier rang : c'est pareil à chaque voyage, nous expliquent-ils. Nous faisons connaissance de ces lève-tôt professionnels, et de leurs amis.
Christophe Colomb nous montre où se trouve l'Amérique. Ce soir nous y partons.
Christophe Colomb nous montre où se trouve l'Amérique. Ce soir nous y partons.

Barcelone est belle. Michel a axé sa visite sur l'architecture de Gaudi. Les jardins Güell, la Sagrada Familia, puis quelques belles façades qui s'alignent sur les grandes avenues du centre-ville.Nous retrouvons à midi Emmanuelle, la fille de Bernard et Monique, qui vit à Barcelone depuis … hier. Déjeuner dans un petit restaurant du marché San Josep La Boquiera. Mes gambas sont un régal. Puis visite de la Fondation Miro, d'une richesse impressionnante. L'œuvre de Miro me questionne. J'essaie de comprendre ce qui m'effraie dans le vide de certaines toiles.
Retour à la navette. Nous arrivons tranquillement un quart d'heure avant le dernier départ, un peu avant une toute petite partie de l'équipage, qui doit courir pour être à l'heure.
Douche, mise en route du WiFi sur mon PC, je ne vais pas au spectacle des Beat Box, ambiance Beatles. Je m'attelle à cet article. Avec tout ça, je suis en retard pour le dîner. Un peu trop bavard, surement. Marie s'inquiète de ne pas me voir arriver. Pour comble de malchance, je me perds. Pour rallier le restaurant, il faut longer les coursives à tribord. Je n'avais pas encore compris. Je choisis plus vite dans la carte pour rattraper mon retard. Ça n'en est pas moins bon pour ça. Maintenant, je sais que je peux choisir au hasard.
Sortie du port sous une belle pleine lune.
Cette nuit, on recule les montres d'une heure. Ça commence. En moyenne, tous nos jours seront plus longs que les vôtres, terriens immobiles. Car nous voguons vers l'ouest. Nous fuyons devant la nuit qui tarde à nous rattraper tous les soirs. Et le matin, nous fuyons devant le soleil qui tarde à se lever derrière nous.
Cette nuit, on recule les montres d'une heure. Ça commence. En moyenne, tous nos jours seront plus longs que les vôtres, terriens immobiles. Car nous voguons vers l'ouest. Nous fuyons devant la nuit qui tarde à nous rattraper tous les soirs. Et le matin, nous fuyons devant le soleil qui tarde à se lever derrière nous.







Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire