Une balise verte clignote au bout de la jetée que nous longeons. Il est 7 h 30 et nous entrons lentement dans le port de Casablanca.
Nous avons rendez-vous à 8 h au pont 9. Pendant le petit déjeuner, le Costa Deliziosa fait un savant créneau pour se ranger à côté du MSC Fantasia. J'interromps mon petit déjeuner et sors sur le pont arrière avec mon mug de café à la main, pour assister à la manœuvre.
Délicate et sans à-coups. En quelques minutes nous sommes amarrés, et une grue jaune et bleue ajuste une passerelle rouillée, qui contraste avec la blancheur de notre bateau. On va pouvoir sortir en ville très vite.
Délicate et sans à-coups. En quelques minutes nous sommes amarrés, et une grue jaune et bleue ajuste une passerelle rouillée, qui contraste avec la blancheur de notre bateau. On va pouvoir sortir en ville très vite.
Michel a pris rendez-vous avec un ami, monteur sur ses chantiers, autrefois. Nous marchons jusqu'à la porte n°1 du port de commerce, et l'attendons en nous régalant d'un thé à la menthe.
Quand Christian arrive, il nous propose une belle promenade en voiture le long de la corniche, pour nous faire apprécier la beauté des constructions récentes et la modernité de la ville. Il est vrai que cette belle cité ne ressemble pas aux autres villes d'Afrique du Nord que j'ai visitées. La nouvelle gare qui accueillera bientôt un TGV, le tram, les réseaux électriques, les routes entretenues, l'activité des habitants dans les rues et sur les marchés, tout montre un développement rapide.
Après un grand verre d'orange pressée, à la terrasse d'un café, nous nous séparons. Son entreprise l'attend. Christian travaille encore, lui.
Retour au bateau, déjeuner rapide, et nous partons en car pour une visite guidée de la ville.
Le guide, Anis, nous fait découvrir la médina nouvelle, le marché aux olives, la grande porte du palais royal, puis la Grande Mosquée Assan II.
Le guide, Anis, nous fait découvrir la médina nouvelle, le marché aux olives, la grande porte du palais royal, puis la Grande Mosquée Assan II.
Je suis impressionné par la taille de cette Mosquée, la troisième plus grande du monde musulman, et par le plus haut minaret du monde, qui s'élève à 200 m au-dessus de la mer. Mais ce n'est pas sa taille que je retiendrai en définitive, c'est bien plus la richesse de l'ornementation que l'on découvre à l'intérieur, fruit du travail ininterrompu de 12 000 artistes pendant 7 ans. Difficile d'expliquer en quelques lignes la beauté, l'équilibre, et la puissance que dégage cet ensemble. La salle de prière est majestueuse et aérienne, si chaque détail mériterait qu'on s'y arrête, c'est davantage l'unité qui invite au respect ; rien ne vient réellement distraire le regard et l'on est emporté par la majesté du lieu. Quant à la salle des ablutions, à l'étage inférieur, elle est tout simplement incroyable.
Quarante-et-une vasques de marbre en forme de fleur de lotus déversent de l'eau à portée des fidèles, dans une salle hypostyle de marbre qui semble sans limites.
Quarante-et-une vasques de marbre en forme de fleur de lotus déversent de l'eau à portée des fidèles, dans une salle hypostyle de marbre qui semble sans limites.
L'arrêt dans un magasin d'artisanat sur le chemin du retour semble bien futile à côté de ce chef-d'œuvre. Nous préférons finir cette journée en ville comme elle a commencé, avec un thé à la menthe. Je suis un inconditionnel de cette boisson, faite comme ici.
Le dîner se déroule autour d'une nouvelle table. Nous avons rencontré hier un couple qui se sentait un peu seul et avons demandé une table de 8 pour qu'il nous rejoigne. On nous a attribué une table de 10. Aurons-nous deux nouveaux amis demain ? Nous avions du mal à nous quitter ce soir, et avons fini par prendre pitié des serveurs qui attendaient notre départ.
A 23 heures, le Deliziosa vogue vers les îles du Cap-Vert. Trois jours de mer. Cette nuit, nous reculons les montres d'une heure pour nous mettre à l'heure de notre destination. La sortie du port est belle. Dans la nuit, les couleurs des projecteurs, qui éclairent les quais de marchandises, vont du vert à l'orange. La pleine lune qui se lève nous indique l'est, les flèches des grues sèment des lumières rouges dans le ciel à demi étoilé. Sous les quelques nuages qui renvoient ces lueurs vers nous, les poussières des silos à grain étendent sur le ciel noir des nappes diffuses.
Cette ambiance pourrait être lugubre si les tonalités d'ensemble n'étaient pas si chaudes et les lumières si vives, et si le glissement du bateau n'était pas accompagné de quelques goélands, au raz de la vague d'étrave, seuls signes de vie dans le soir silencieux.
Cette ambiance pourrait être lugubre si les tonalités d'ensemble n'étaient pas si chaudes et les lumières si vives, et si le glissement du bateau n'était pas accompagné de quelques goélands, au raz de la vague d'étrave, seuls signes de vie dans le soir silencieux.
La ville s'éloigne, la lune est maintenant derrière nous, nous avons viré vers l'ouest, dans un moment nous foncerons vers le sud, vers l'été, et la chaleur des tropiques.
La nuit s'annonce douce. Elle est la bienvenue.






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