Samedi 17 Janvier,
Quand j’ouvre la porte du balcon, je suis saisi
par la chaleur moite des tropiques. Cette fois-ci, nous sommes bien loin de l’hiver
français. Toute la journée, les ponts sont envahis de croisiéristes en maillot,
allongés sur les transats, qui sont tous déployés.
Il fait enfin soleil. Même s’il est parfois voilé, et si l’on
croise des formations orageuses, de loin en loin. La mer est comme de l’huile,
lisse. Seulement ondulée par une houle insignifiante.
Le commandant a ralenti le bateau. Il sait déjà qu’il n’aura à
faire face à aucun orage d’ici le Brésil et adopte la juste vitesse pour
arriver à l’heure dite.
De ce fait, mes calculs disent que nous franchirons l’équateur un peu avant 18 h 30.
Mais pour des raisons de commodité, la cérémonie de passage
se déroulera en fin de matinée.
Un bon moment, bien sympathique. Comme une fête organisée pour l’anniversaire d’un enfant de l’école primaire. Le dieu Neptune, avec ses cheveux ondulés, sa grosse barbe et son trident se prépare dans un coin, accompagné de gentilles sirènes.
Les voyageurs qui n’ont encore jamais franchi l’équateur passent
entre les mains des maquilleuses qui leur marquent le visage de dessins
cabalistiques, cœurs, vagues, croix, virgules, spirales, rouges, verts, bleus,
jaune.
A l’heure dite, le directeur de la croisière demande à
Neptune de s’approcher et l’implore de nous accorder sa protection pour la
suite du voyage en mer australe. De façon surprenante, Neptune est dans de
bonnes grâces et nous promet un voyage sans encombre. Un compte à rebours est
lancé, afin que tout le monde saute en même temps pour ne pas se prendre les pieds dans la ligne fatidique.
A zéro tout le monde saute par-dessus l’équateur. Personne n’est resté au nord. Neptune s’approche de la vasque d’eau bleue et commence une longue onction des nouveaux venus. Une demi-louche d’eau tiède sur la tête, ça rafraîchit et consacre le passage vers l’été.
A zéro tout le monde saute par-dessus l’équateur. Personne n’est resté au nord. Neptune s’approche de la vasque d’eau bleue et commence une longue onction des nouveaux venus. Une demi-louche d’eau tiède sur la tête, ça rafraîchit et consacre le passage vers l’été.
Dans l’après-midi, nous croisons une famille de dauphins. On a peu de temps pour bien les voir, et encore moins pour les photographier, mais il n’y a pas de doutes.
Au cours de notre randonnée autour du pont 3, le peintre (sur un bateau on repeint tout le temps, tout ce qui ne bouge pas) a
laissé la porte du local technique avant entre-ouverte, le temps qu’elle sèche. Je risque un œil, puis l’appareil photo. Les coulisses sont magnifiques, bien
entretenues et bien rangées.
C’est la pointe avant avec les énormes cabestans des deux ancres et des haussières.
C’est la pointe avant avec les énormes cabestans des deux ancres et des haussières.
Plus calmement, vers 18 h 00, j’ai allumé mon GPS, et dans un
coin du salon du pont 2, un peu avant le spectacle du soir, nous comptons les
milles nautiques qui nous séparent réellement de l’équateur.
J’ai recalculé dans l’après-midi ce que devrait être notre position exacte au passage de La Ligne (N 00° ; W 31°06' 02") pour pouvoir suivre la distance qui reste, malgré notre cap au 205, donc oblique
par rapport au plein sud.
Notre petit groupe se déchire le peu de place disponible pour photographier l’écran quand il marquera : « Latitude : N 00°00’00’’ ». Je fais pour les photographes le compte à rebours. Légère déception, le bateau va si vite que l’on passe en 12 secondes de N 00°00’00,8’’ à S 00°00’01,6’’.
Le GPS ne fait pas ses mesures toutes les secondes. Mais on est passé au sud à 18h 26min 4s (heure locale) très exactement, et donc, par la même occasion, nous sommes maintenant en été. Tout le monde se félicite, et je suis bien content d’avoir pensé à emporter mon GPS pour ce joli moment d’excitation partagée.
Notre petit groupe se déchire le peu de place disponible pour photographier l’écran quand il marquera : « Latitude : N 00°00’00’’ ». Je fais pour les photographes le compte à rebours. Légère déception, le bateau va si vite que l’on passe en 12 secondes de N 00°00’00,8’’ à S 00°00’01,6’’.
Le GPS ne fait pas ses mesures toutes les secondes. Mais on est passé au sud à 18h 26min 4s (heure locale) très exactement, et donc, par la même occasion, nous sommes maintenant en été. Tout le monde se félicite, et je suis bien content d’avoir pensé à emporter mon GPS pour ce joli moment d’excitation partagée.
Cette nuit, j’aurais aimé voir le ciel étoilé, mais il est assez
couvert.
Quand on est à l’équateur, on ne voit pas tourner les étoiles autour de l’étoile polaire, on voit le ciel défiler tout droit, d'est en ouest. On ne voit plus l’étoile polaire. On en devine la position en suivant du regard la grande ourse qui se dessine à peine au ras de l’horizon nord. On devrait aussi voir la croix du sud. Mais ce n’est pas ce soir que je ferai ces observations. Je me contente de faire tourner Stellarium sur mon PC. Quelqu'un a dû froisser Neptune cet après-midi.
Quand on est à l’équateur, on ne voit pas tourner les étoiles autour de l’étoile polaire, on voit le ciel défiler tout droit, d'est en ouest. On ne voit plus l’étoile polaire. On en devine la position en suivant du regard la grande ourse qui se dessine à peine au ras de l’horizon nord. On devrait aussi voir la croix du sud. Mais ce n’est pas ce soir que je ferai ces observations. Je me contente de faire tourner Stellarium sur mon PC. Quelqu'un a dû froisser Neptune cet après-midi.
Notre prochain rendez-vous avec la navigation, la géodésie
et l’astronomie sera le passage à la verticale du soleil, vers le 22 janvier,
un peu avant le tropique du Capricorne.








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