Ce blog parle de notre voyage autour du monde austral du 7 janvier au 30 avril 2015.
Nous sommes heureux de vous y faire partager nos préparatifs, nos récits et nos photos.
A lire de préférence en partant de la date la plus ancienne, pour garder le fil.
NOUVEAU : Plein de photos et des cartes ajoutées progressivement aux pages d'origine.
(16/10/2018 : jusqu'à Moorea).

vendredi 6 février 2015

Cockburn et Magdalena

Il est cinq heures, et le bateau s’éveille. Quelques craquements, certes légers, mais inhabituels, me réveillent.
Journée du 6 février 2015
Le vent du Pacifique et sa houle font savoir au bateau qu’il vient de sortir d’un canal tranquille.
Panorama 1 - Voir la carte Google ci-dessus pour la position des photos 
Quelque quarante minutes plus tard, nous sommes à l’abri des îles côtières. Le bateau retrouve son calme. Il revoit le Pacifique vers 7 h 30, le temps de rentrer bien vite dans le canal de Cockburn. Les cartes de cette région, avec les noms des fjords, sont très rares. En voici une, prise sur Wikimedia.
Par Createaccount — Own work by uploader http://en.wikipedia.org/wiki/Image:Chile.estrechodemagallanes.png, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=4314451
 C’est le début d’une belle navigation dans les fjords du Chili. Bien plus belle que ce j'imaginais, et bien plus belle que sur les cartes. Il fait froid, 7 ou 8 degrés, le vent est assez fort, le ciel est parsemé de gros cumulus blancs, il va beaucoup varier au cours de la journée.

Photo 2
A chaque changement de direction, une nouvelle perspective s’ouvre, chapelets d’îles, ouverture de fjords latéraux, parois abruptes ou carrefours larges, neiges éternelles et glaciers. En regardant les photos ce soir, je crois que certaines ont été prises en noir et blanc. 

Photo 3
C’est vrai qu’il faut un rayon de soleil pour dévoiler, de temps en temps, la couleur de la pierre et les quelques pans de verdure qui survivent de la neige d’hiver, puis, soudain, 

Photo 4
le bleu profond de la glace vive, au fond des crevasses d’un glacier, que l’on croit pouvoir toucher en tendant le bras. Illusion bien sûr, nous ne sommes jamais à moins d’un ou deux kilomètres, mais ils sont si grands, ces glaciers, et les séracs si hauts !  

Sans cette lumière vive, tout est blanc, gris et noir, et l’eau joue avec les reflets de ces mêmes nuances.

Vers midi, alors que nous voguons tranquillement dans le canal de Magdalena, le commandant nous fait la surprise de prendre le premier fjord à droite. Ce n’est pas la direction de Punta Arenas. C’est un fjord profond, bordé de glaciers. Je sais que tout au fond, il s’ouvre en un grand Y, avec un glacier au fond de chaque branche, j’ai vus les photos d’un précédent voyage, mais notre bateau est trop gros pour s’y risquer et nous faisons un majestueux demi-tour au point de jonction des trois branches. 
Panorama 5 - 18 h 30 devant le grand Y
Le point de vue y est grandiose, les deux mille passagers sont aux balcons. Le bateau stoppe toutes ses machines pour nous permettre d'entendre le silence. Aucune photo ne peut rendre le spectateur aussi petit que nous le sommes, devant cette nature sauvage. Le ciel s’est couvert et nous sommes perdus au bout du monde, seuls, immobiles, sur une eau glaciale.

Le demi-tour achevé, nous revenons vers le canal de Magdalena ; juste avant le dîner, encore une incursion dans le dernier fjord à gauche avant la sortie ; et encore des glaciers, et un dernier demi-tour avant la nuit.
Photo 6 

Panorama 7 - Entrée dans le Détroit de Magellan - 20 h 15
Demain, nous devrions nous réveiller à Punta Arenas.

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