Ce blog parle de notre voyage autour du monde austral du 7 janvier au 30 avril 2015.
Nous sommes heureux de vous y faire partager nos préparatifs, nos récits et nos photos.
A lire de préférence en partant de la date la plus ancienne, pour garder le fil.
NOUVEAU : Plein de photos et des cartes ajoutées progressivement aux pages d'origine.
(16/10/2018 : jusqu'à Moorea).

dimanche 15 février 2015

Valparaiso

Aujourd'hui, pour quelque 200 passagers, la croisière s’arrête. Ils n’avaient réservé que jusqu'à Valparaiso. Ce voyage est découpé en trois tronçons. Celui qui commence demain va jusqu'à Sydney en Australie. Le dernier nous ramènera à Marseille.
D'autres arrivent, et dans les couloirs, nos stewards portent des valises.

Nous, nous visitons Valparaiso. Un tour de 4 heures en car avec de nombreux arrêts

  • pour de beaux points de vue sur la ville, 
  • pour la maison de Pablo Neruda, conservée avec soin par les chiliens, 
  • pour deux descentes depuis le plateau par deux des trente funiculaires de la ville, et 

  • pour un verre de Pisco amer et un beau chausson doré, aux oignons, olives, œufs dur, dans les jardins du musée d’art de la ville.

Visite de Valparaiso - partie en car, partie à pied

Nous découvrons cette ville mythique, qui reste le plus grand port du Chili, et qui garde les traces superposées d’une histoire mouvementée.

Palazzio Barburizza - Musée d'Art
La riche Valparaiso, qui était l’étape importante du Pacifique avant le canal de Panama, conserve quelques magnifiques hôtels particuliers de style français, anglais, allemand, espagnol. Ils ont été transformés en hôtels ou achetés par l’administration quand les familles propriétaires n’ont plus pu les entretenir, ou rasés par le grand tremblement de terre de Valparaiso, au début du XXe siècle. Ceux qui n’ont pas été rachetés sont tombés en ruine, faute d’entretien, et ont été remplacés par des immeubles modernes. 

L’absence totale de plan d’urbanisme autorise des juxtapositions parfois surprenantes d’immeubles modernes et de maisons en bois, mais nous livre, par contre, des contrastes de style, de matériaux, de couleurs, souvent très agréables. 





Heureusement, le classement d’une partie de la ville par l’Unesco préserve quelques beaux quartiers pittoresques. C’est alors le feu qui ravage des centaines de maisons, en 2014, sans faire de victimes, mais en rayant de la ville un quartier tout entier. 




Funiculaire El Peral
Enfin, les trente funiculaires ne sont plus entretenus comme ils le devraient et s’arrêtent les uns après les autres. Quinze sont inutilisables depuis assez longtemps, et huit autres viennent d’être fermés pour insuffisance d’entretien. Nous prenons L"ascensor El Peral" que l'on voit du bateau.














Les quartiers pauvres ne sont pas très reluisants mais on est loin des favelas de Rio.










La ville souffre de l’exode de la classe moyenne vers Viña del Mar, une petite Nice beaucoup plus agréable à vivre, qui possède une plage sur la même baie.
Malgré tous ses tourments, Valparaiso reste Valparaiso : un port dans une anse protégée, qui assure l’approvisionnement de la capitale, Santiago, toute proche ; une étape importante pour les voyages touristiques trans-pacifique ; et un mythe pour tous les amoureux de la mer et des grandes traversées.
Je me régale en voyant toutes ces maisons qui racontent la vie tout entière de Valparaiso depuis 1850. Je n’ai aucun mal à m’imaginer les enfants des riches agriculteurs ouvrant des commerces en ville, les armateurs construisant docks et installations portuaires, les immigrants d’Europe faisant fortune en important vêtements, parfums ou machines, et bâtissant des maisons luxueuses. J’imagine la cohabitation des anglais, des allemands, des libanais, des croates, des juifs, avec les espagnols, la cohabitation de chacune de leurs religions, anglicane, réformée, orthodoxe, judaïque, catholique, cohabitation paisible et enrichissante. J’imagine les administrations qui donnent au pays une structure et des lois qui lui permettent aujourd'hui d’être le pays le plus stable et le plus développé d’Amérique du Sud. 
Les quartiers proches du port, fréquentés autrefois par les marins de passage, ne font plus recette et sont en complet réaménagement. Il me semble pourtant, en les traversant, entendre des chansons de marins et les verres de Pisco qui s’entrechoquent, les parquets qui grincent, et les bagarres qui éclatent pour quelques pesos de trop, ou de de moins. Il me semble voir les enseignes des tavernes et des bars, qui se balancent au vent, sous l’éclairage faiblard des réverbères. Et des marins qui titubent, et des marins qui rentrent au navire, au petit matin, avant quelques mois de mer, jusqu'à un autre port, très loin, Papeete, Auckland, ou Sydney.

Comme nous.

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