D'autres arrivent, et dans les
couloirs, nos stewards portent des valises.
Nous, nous visitons Valparaiso. Un
tour de 4 heures en car avec de nombreux arrêts

- pour de beaux points de vue sur la ville,
- pour la maison de Pablo Neruda, conservée avec soin par les chiliens,
- pour deux descentes depuis le plateau par deux des trente funiculaires de la ville, et

- pour un verre de Pisco amer et un beau chausson doré, aux oignons, olives, œufs dur, dans les jardins du musée d’art de la ville.
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| Visite de Valparaiso - partie en car, partie à pied |
Nous découvrons cette ville
mythique, qui reste le plus grand port du Chili, et qui garde les traces
superposées d’une histoire mouvementée.
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| Palazzio Barburizza - Musée d'Art |
La riche Valparaiso, qui était l’étape
importante du Pacifique avant le canal de Panama, conserve quelques magnifiques
hôtels particuliers de style français, anglais, allemand, espagnol. Ils ont été
transformés en hôtels ou achetés par l’administration quand les familles
propriétaires n’ont plus pu les entretenir, ou rasés par le grand tremblement
de terre de Valparaiso, au début du XXe siècle. Ceux qui n’ont pas été rachetés
sont tombés en ruine, faute d’entretien, et ont été remplacés par des immeubles
modernes.
L’absence totale de plan d’urbanisme autorise des
juxtapositions parfois surprenantes d’immeubles modernes et de maisons en bois,
mais nous livre, par contre, des contrastes de style, de matériaux, de couleurs,
souvent très agréables.
Heureusement, le classement d’une partie de la ville
par l’Unesco préserve quelques beaux quartiers pittoresques. C’est alors le feu
qui ravage des centaines de maisons, en 2014, sans faire de victimes, mais en
rayant de la ville un quartier tout entier.
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| Funiculaire El Peral |
La ville souffre de l’exode de
la classe moyenne vers Viña del Mar, une petite Nice beaucoup plus agréable à
vivre, qui possède une plage sur la même baie.
Malgré tous ses tourments, Valparaiso
reste Valparaiso : un port dans une anse protégée, qui assure l’approvisionnement
de la capitale, Santiago, toute proche ; une étape importante pour les
voyages touristiques trans-pacifique ; et un mythe pour tous les amoureux
de la mer et des grandes traversées.
Je me régale en voyant toutes ces
maisons qui racontent la vie tout entière de Valparaiso depuis 1850. Je n’ai
aucun mal à m’imaginer les enfants des riches agriculteurs ouvrant des commerces
en ville, les armateurs construisant docks et installations portuaires, les
immigrants d’Europe faisant fortune en important vêtements, parfums ou machines,
et bâtissant des maisons luxueuses. J’imagine la cohabitation des anglais, des
allemands, des libanais, des croates, des juifs, avec les espagnols, la
cohabitation de chacune de leurs religions, anglicane, réformée, orthodoxe, judaïque,
catholique, cohabitation paisible et enrichissante. J’imagine les
administrations qui donnent au pays une structure et des lois qui lui permettent
aujourd'hui d’être le pays le plus stable et le plus développé d’Amérique du
Sud.
Les quartiers proches du port, fréquentés autrefois par les marins de
passage, ne font plus recette et sont en complet réaménagement. Il me semble
pourtant, en les traversant, entendre des chansons de marins et les verres de Pisco
qui s’entrechoquent, les parquets qui grincent, et les bagarres qui éclatent
pour quelques pesos de trop, ou de de moins. Il me semble voir les enseignes
des tavernes et des bars, qui se balancent au vent, sous l’éclairage faiblard
des réverbères. Et des marins qui titubent, et des marins qui rentrent au
navire, au petit matin, avant quelques mois de mer, jusqu'à un autre port, très
loin, Papeete, Auckland, ou Sydney.
Comme nous.






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