Ce blog parle de notre voyage autour du monde austral du 7 janvier au 30 avril 2015.
Nous sommes heureux de vous y faire partager nos préparatifs, nos récits et nos photos.
A lire de préférence en partant de la date la plus ancienne, pour garder le fil.
NOUVEAU : Plein de photos et des cartes ajoutées progressivement aux pages d'origine.
(16/10/2018 : jusqu'à Moorea).

jeudi 26 février 2015

Deux jours de mer

Deux jours de mer ont été tout juste suffisants pour trier les photos et répondre aux sollicitations de plus en plus nombreuses. J’ai distribué les relevés GPS de notre itinéraire à de nombreux touristes, dépanné quelques informaticiens débutants, expliqué les fuseaux horaires, …
J’ai aussi relu le livre de bord du navigateur James Cook parlant de Tahiti et de ses observations astronomiques de 1769. C’est grâce à lui et ses passagers astronomes qu’on a pu calculer pour la première fois précisément la distance de la terre au soleil (aussi appelée « unité astronomique » (UA)). Ce qui suit est écrit pour ceux
qui aiment l’histoire de l’astronomie.

Observation du transit de Vénus à Tahiti, par James Cook, en 1769

L’observation consistait à observer le passage de la planète Vénus devant le soleil et à chronométrer le plus exactement possible ce temps de passage. En comparant le temps mesuré en Europe à celui de Tahiti, et en connaissant la distance qui sépare les différents observateurs, on peut en déduire la distance qui sépare les deux parcours, rapportée au diamètre apparent du soleil. Par un calcul un peu compliqué, on trouve la distance de la terre au soleil. Ces transits ne se produisent que deux fois tous les 120 ans environ, et les deux transits séculaires sont séparés de 8 ans environ (1761 et 3/6/1769, 1874 et 1882, 15/11/1999 et 5-6/6/2012).




Les observations de Cook, comme celles de ses contemporains en Europe étaient entachées d’une erreur systématique due au phénomène optique de la goutte noire (voir dessins de Cook). On a parfois dit que cette mission était donc un échec. Ce n’est pas exact, car une erreur systématique autorise des calculs précis. En 1771, les données des transits de 1761 et 1769 permettent à l'astronome français Jérôme Lalande de calculer pour l'unité astronomique la valeur de 153 millions km (± 1 million km), ce qui encadre la valeur exacte. Du fait de la goutte noire, la précision est moindre qu'espérée, mais toutefois considérablement meilleure que dans les calculs précédents. D’un seul coup le système solaire devient beaucoup plus grand que ce que les astronomes du 17ème siècle imaginaient. C’est une révolution dans les esprits, et le point de départ de bien d’autres mesures de l’univers.

Tahiti arrive demain et j’ai hâte de voir le lieu de ces observations. On lui a donné le nom de Pointe de Vénus.

Les quatre jours qui viennent vont être occupés à cent pour cent. Heureusement, ils seront suivis de trois jours de mer.

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