La nuit est noire, il est 4 h 45
quand nous sortons dans l’Océan, laissant l’île de la Désolation sur babord. La
mer est assez forte. Mais le bateau bouge peu.
Vers 13 h, nous pénétrons dans le détroit de Nelson.
Encore une surprise du commandant qui nous amène à travers de longs détours vers le glacier d’Amalia que nous atteignons vers 16 heures.
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| L'océan Pacifique |
Encore une surprise du commandant qui nous amène à travers de longs détours vers le glacier d’Amalia que nous atteignons vers 16 heures.
Nous voyons depuis un bon moment
les sommets enneigés des glaciers qui dominent la Cordillère des Andes devant
nous. Je vois sur la carte qu’après un dernier virage, nous devrions arriver
face au glacier attendu.
La surprise vient plus tôt que prévu, car le glacier est plus long que je le croyais, il recouvre une partie du fjord.
La surprise vient plus tôt que prévu, car le glacier est plus long que je le croyais, il recouvre une partie du fjord.
Sa lente et irrésistible coulée
vient de très loin et de très haut. Seul le dernier virage du glacier est
visible. Ça lui donne une belle allure. Mais le plus saisissant est la couleur bleu profond de la glace vive qui transparaît dans les crevasses du front. Nous sommes encore à plusieurs kilomètres. Le zoom de mon appareil les montre comme si on y était. C’est dire la taille des crevasses et l’épaisseur de la coulée.
Après une approche lente, le bateau s’immobilise. Les photographes se donnent à cœur-joie. On se bouscule un peu à l’avant du pont 11. Mais chacun sait qu’on devra faire demi-tour. Et que les 300 m du bateau seront suffisants pour que s’alignent le long de la balustrade tous les photographes. Reste à savoir si nous virerons sur bâbord ou tribord. Dans ces moments tellement remplis d’émotion, ce sont parfois des détails aussi ridicules qui prennent le plus d’importance. Je guette le défilement du paysage à l’arrière du bateau. Je suis donc parmi les premiers à me déplacer sur tribord, et bien placé pour prendre quelques photos … des dauphins qui viennent de nous rejoindre et font la fête autour de nous quelques minutes. J’appuie sur le bouton vidéo, mais ce n’est pas facile de deviner où le prochain sortira. Je crois les avoir eus dans le viseur. Je verrai bien ce qui sera récupérable. (NDLA : rien, dommage !)
Je ne sais pas encore que deux ans plus tard, nous serons sur l'autre face de ce glacier, au Perito Moreno, sur le versant est de la Cordillère.
La colonie des voyageurs rentre se mettre au chaud. Nous reprenons notre route vers le nord. Il reste de nombreux fjords à traverser, à l’abri des îles côtières si on veut éviter les colères de l’Océan.






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